Jauchelette ne doit pas être confondu avec le hameau situé sous Perwez. Leur dénomination commune signifie "Petit-Jauche", par opposition au bourg du même nom, que l'on appelait parfois "Grand-Jauche". Tarlier et Wauters font remarquer comme singularité la circonstance que Grand-Jauche est situé sur le cours d'eau que l'on connaît, de temps immémorial, sous le nom de Petite-Gette ou petite-Jauche, tandis que le ruisseau arrosant les deux Jauchelette s'appelle la Grande-Gette. La commune est limitrophe de celles de Jodoigne-Souveraine, Huppaye,
Bomal, Glimes et Dongelberg.
Le village de Jauchelette est aggloméré sur la rive
droite de la Grande-Gette, de manière à rejoindre d'une
part le hameau d'Orbais qui dépend de Jodoigne-Souveraine,
de l'autre le village de Glimes. Par le Chemin de Dongelberg, il
va rejoindre à l'ouest de la rivière la chaussée
de Tirlemont à Charleroi. Il n'existe pas de hameau, car on
ne peut donner ce nom aux 2 ou 3 maisons qui forment avec l'ancienne
abbaye de la Ramée, l'écart de ce nom. Il n'a existé longtemps qu'un moulin à eau, à Jauchelette, celui dit de la Ramée, qui était banal [...], mais ce nombre a été rapidement porté à quatre, tous situés sur la Gette. Au sud des bâtiments conventuels [Conventuel: qui appartient à une
communauté religieuse] se trouvait un petit moulin qui avait été établi
par le monastère et dont la destination première était
comme son nom l'indiquait "la Scierie". Il est resté inutile
de nombreuses années avant d'être remis en service en
1862, comme moulin à moudre le grain, par M. Charles Favart.
Le moulin de La Ramée qui était jadis banal, fut donné à l'abbaye
en 1216 par Gérard, seigneur de Jauche. A la fin du 19e siècle,
il était encore en activité sous la direction des héritiers
Constant et était désigné sous la dénomination "Moulin
Lesage". Jadis, le territoire de Jauchelette était
en grande partie couvert de bois et de bruyères, notamment
vers l'est. Un diverticulum romain (voie secondaire du réseau routier
romain), que les cartes du 17e siècle
baptisent du nom de petite chaussée et que l'on appelait aussi
le Chemin de Nivelles à Landtfermée ou Landen (ou encore
Chemin de Perwez à Jodoigne, 1751), y traversait la Gette,
venant de Perwez et se dirigeant vers Orp-le-Petit et de là vers
Waremme, où il rejoignait la Grande Chaussée. Le village de Jauchelette ou Petit-Jauche fut peut-être fondé par
les seigneurs de Jauche. En effet, ses territoires étaient
compris dans ceux de ces seigneurs, qui y avaient droit de justice
et d'impôt. L'abbaye de la Ramée fut fondée par
l'abbesse de Nivelles, Helewide, la fille de Gérard, le seigneur
de Jauche, dans les premières années du treizième
siècle.
Elle accueillit les religieuses qui quittaient un petit couvent qu'elles
avaient fondé vers l'an 1207 à Kerckom, près
de Tirlemont, sur les bords de la Velpe. Le premier site avait été abandonné en
raison de l'aridité de son sol. La localité de Jauchelette
baignée par la Gette offrait une meilleur situation. Le monastère
prit le nom de la Ramée d'après les bois qui l'entourait.
Il suivait la règle de Citeaux ou de Saint-Bernard. Le corps
du Seigneur de Jauche, Gérard, décédé en
Orient, fut ramené à La Ramée en 1216. Jean-Jacques Gaziaux et L.G. Genicot ne s'accordent
pas avec la version de Tarlier et Wauters et cite un témoin
oculaire des événements,
Courtewille, qui situe l'action guerrière sur les bords de
la Petite Gette près de Jauche. Le village tout à fait rural connaîtra quelques innovations de type semi-industriel. Ainsi, en 1838, le propriétaire de la Ramée y établit une fabrique de sucre de betteraves, mais son activité ne dura que six ans. L'exploitant du Maka prit en quelque sorte la relève en adjoignant à sa forge un moulin à farine activé par la même roue. Le nouveau propriétaire de la Ramée remettra le sien en activité en 1862 mais pour peu de temps. Son fermier installa une féculerie de pommes de terre qui fonctionna après 1875. Mais l'héritage de la Ramée vint à être partagé. En 1903, l'ancienne abbaye se transforma en une sorte de maison de repos où s'établirent des Dames du Sacré-Coeur. La ferme qui changea de propriétaire et d'exploitant à de nombreuses reprises, est toujours appelée "l'Abîje" par les villageois, tandis que l'expression "les Bègenes" désigne le couvent. De la première guerre mondiale, on retiendra le passage de Uhlans, les réquisitions, le ravitaillement, la misère. Durant l'entre-deux guerres, "l'Abîye" et les religieuses jouèrent à nouveau un rôle important, en fournissant du travail respectivement aux journaliers et des écoles surtout des filles. Dès la fin de la guerre, on assiste aux débuts de l'éclairage électrique à l'initiative du meunier du Maka. L'ancien cimetière qui entourait l'église est désaffecté en 1922. Le 12 mai 1940, la Luftwaffe bombardait l'église de Jauchelette, où les enfants célébraient la communion solennelle. On ne déplora que des dégâts matériels, mais beaucoup d'habitants se lanceront dans l'exode vers la France pour revenir pendant l'été avec leurs souvenirs... Du temps de l'abbaye de la Ramée, transférée à Jauchelette en 1215, la commune comptait deux paroisses: celle de Jauchelette dite l'Abbesse et dédiée à sainte Gertrude, et celle de la Ramée. L'église Sainte-Gertrude de Jauchelette
ressortit constamment au concile du doyenné de Jodoigne, tant
lorsqu'elle dépendit
du diocèse de Liège, puis de celui de Namur, que depuis
son annexion à l'archevêché de Malines. La collation
[...] appartenait à l'abbesse de Sainte-Gertrude de Nivelles. A découvrir à Jauchelette: l'abbaye (en construction) et la ferme de la Ramée en construction. (fiche pdf) |
JODOIGNE
|
|||||||||||||||||||