Le
château de Glimes ou Cense
de l'Hôtel...

Le château s'élève à quelques
mètres à l'ouest
de la chaussée de Tirlemont à Charleroi. Il se compose
de bâtiments dessinant à peu près un quadrilatère
et dont une partie constituait la ferme et l'autre le manoir proprement
dit. Ce dernier consiste en deux bâtiments disposés
de manière à former un angle droit et n'ayant qu'un étage
au-dessus du rez-de-chaussée. La façade principale
fait face à l'est; elle développe sept fenêtres
de front, dont les trois du milieu sont comprises entre deux pilastres
formant une légère saillie d'avant corps. Devant la
toiture qui portent des girouettes en forme de tête de sanglier,
est placé un fronton triangulaire renfermant des écussons
et des inscriptions. L'aile vers le sud présente plusieurs
tours de forme cylindrique.
Un jardin auquel on monte de la cour du
château par un escalier
de plusieurs marches s'étend jusqu'à la route; vers
l'ouest se prolongent de vastes promenades dont la Ghète baigne
le pied. On y remarque un étang, sous lequel existent encore, à ce
que l'on prétend, les ruines d'un château plus ancien.
En 1872, le château était habité par Eugénie
de Glimes. Cette dernière ayant épousé le baron
Wenceslas de Traux de Wardin, la demeure passa des Glimes au Traux
de Wardin. Leur fils Gaston, époux d'une Comtesse van de Woestijne
mourut en 1919 et laissa le château à son fils Henri
qui épousa Gertrude della Faille d'Huysse. Henri de Traux
fut ministre plénipotentiaire et secrétaire de la Reine
Elisabeth. A sa mort en 1968, le château fut dévolu à Jean-Albert
de Traux de Wardin, époux de Louise Corner de Ways-Ruart,
qui est le père de l'actuel habitant du château le baron
Bernard de Traux.
Les "de Jodoigne"...
Au treizième siècle nous voyons commencer à Jodoigne
une famille qui portait le nom de Jodoigne et qui doit avoir été alliée,
par un côté que nous ne saurions préciser, à la
race ducale de Brabant, car l'un de ses membres, nommé Arnoul
, participa au traité d'alliance que les bâtards de
Brabant conclurent à Tervueren pour leur défense mutuelle,
en 1403. L'écusson des Jodoigne offrait une autre preuve de
cette origine.
Quelques "de Jodoigne" célèbres
...
Simon de Jodoigne était
chanoine de Saint-Pierre de Louvain en 1266.
Abraham de Jodoigne se distingua à la bataille
Woeringen (vers 1280). A la même époque vécut Walter
dit de Jodoigne-Souveraine, qui est cité parmi les vassaux de
la dame de Dongelberg en 1277, et peu de temps après, en 1294,
le duc de Brabant Jean II comptait parmi ses feudataires (titulaire
d'un fief, vassal) Walter de Jodoigne l'Arbalétrier.
Un petit-fils
de Walter l'Arbalétrier vendit son fief à Jacques
de Glimes dit de Jodoigne-Souveraine. Avec ce dernier commence une
lignée qui a possédé jusqu'à ce jour
le plus beau domaine du village.
Engelbert de Jodoigne servit longtemps
la maison de Bourgogne. Après la prise et la mise à sac
de Liège par
Charles le Téméraire, il fut chargé, avec le
seigneur de Hamal et en l'absence du sire de Humbercourt, de lever
les amendes imposées aux habitants de Liège. Il fut
ensuite bailli de Jodoigne, de 1470 à 1481; mais du temps
de Maximilien d'Autriche, il se prononça contre ce prince
et, en 1488-1489, il fut l'un des capitaines à qui Philippe
de Clèves confia la garde de la ville de Tirlemont et du pays
environnant. Avec lui s'éteignit la famille de Jodoigne. Sa
fille unique Jeanne vendit la propriété qu'elle possédait à Jodoigne
(la Vicomté) aux de Glimes. Elle n'eut que des filles.
Les "de
Glimes..."
Les de Glimes
marquèrent la vie locale tout
au long de l'histoire. Quelques uns plus que d'autres...
Jacques de
Glimes, fils de Guillaume de Glimes dit de Jodoigne, fut nommé, le 21 avril 1464, bailli de Jodoigne,
en remplacement de son fils qui était parti à la croisade,
et remplit ces fonctions jusque en 1466. Pendant la guerre contre
les Liégeois,
il combattit dans l'armée commandée par Mr de Nassau,
avec cinq chevaux. Il mourut en 1482 laissant un grand nombre d'enfant
nés de Sybille de Daelhem.
Son fils, Jacques de Glimes, le Jeune,
hérita de la plupart
des fiefs de son père. Nommé bailli de Jodoigne le
12 mars 1461-1462, en remplacement de Wallter de Dongelberg, il abandonna
momentanément cet emploi pour aller guerroyer contre les Turcs.
Il la reprit en 1466, et fut ensuite bailli de Nivelles et du Brabant
Wallon, depuis le 8 octobre 1470 jusqu'au 1er février 1498.
Dans un accès de colère contre quelques uns de ses
officiers, qu'il accusait d'avoir négligé de réunir
des chariots et de les lui envoyer, Charles le Téméraire
fit emprisonner Jacques de Glimes, que Beaudouin Henry remplaça
du 27 juillet 1474 à la fête de Noël 1475. Jacques
de Glimes, son petit-fils, participa à l'aventure troublée
du seizième siècle, les "Guerres de Religion" et
d'indépendance des Pays-Bas hollandais. Il joua même
un rôle important dans la lutte entre Charles Quint et Guillaume
d'Orange. Jacques de Glimes se prononça énergiquement
contre le le gouvernement espagnol après la mort du commandeur
de Requesens, et fut choisi par Guillaume de Hornes pour commander
avec lui l'infanterie que les Etats de Brabant l'avaient chargé de
lever.
Peu après, il entra dans Bruxelles à la tête
de 300 mousquetaires. Entraîné par la situation, il
posa un acte décisif en arrêtant les membres du conseil
d'Etat, dépositaires de l'autorité royale, le 4 septembre
1576. Mais le malheureux combat de Viessenaeken, où il fut
complètement défait par les Espagnols, mit fin à la
faveur dont il jouissait auprès du peuple. Bientôt on
le suspecta de pencher pour la cause du souverain, et, en effet,
il se rallia au prince de Parme, qui le chargea du commandement de
la ville de Nivelles. Assiégé et pris dans cette ville,
en 1580, il fut remplacé comme bailli par Guillaume de Hertoghe,
seigneur d'Orsmaal. Mais Nivelles ne tarda pas à être
reprise. Jacques de Glimes, mis en liberté, se vit rétabli
dans ses fonctions. Peu de temps après, il hérita de
la seigneurie de Wastine et de la Vicomté de Jodoigne (21
février 1585). Les de Glimes rendirent plus d'un service à la
monarchie espagnole. A la fin de 1638, la garnison hollandaise de
Maestricht ayant essayé de prendre Jodoigne par escalade,
ce furent encore les deux de Glimes - Winand et Jean, qui armèrent
les bourgeois, et à leur tête, repoussèrent l'ennemi.
De cette époque date l’apogée de la fortune
des de Glimes: Winand, le chef de la famille, fut à la fois
comblé d'honneurs et de biens. L'empereur Ferdinand III, par
lettres datées du 22 décembre 1643, le créa,
lui et tous ses héritiers des deux sexes, comte de Glimes,
de Hollebeke et du Saint-Empire, en considération des services
que ses ancêtres avaient rendus à la maison d'Autriche.
A ses domaines héréditaires de Jodoigne, Winand joignit
la haute, moyenne et basse justice de cette ville, de même
que celles de trois villages voisins: Geest-Saint-Jean, Molembai-Saint-Pierre
et Enines. Il accrut considérablement sa seigneurie de Jodoigne-Souveraine
en achetant de nombreuses terres. Afin de maintenir intacte la fortune
patrimoniale de leur lignée, Winand de Glimes et Michelle
d'Yedeghem, fille du comte de Watou, instituèrent par leur
testament les conditions de session de leurs domaines. Mais à peine
les deux époux étaient-ils descendus dans leur tombe
qui leur fut élevée à Saint-Médard de
Jodoigne (Winand mourut le 8 septembre 1668 et Michelle le 31 mai
1671) que toute cette splendeur s'obscurcit.
Des héritiers non mâles, des disputes, des procès
ruinèrent rapidement la famille...
A découvrir également à Jodoigne-Souveraine: l'Eglise.
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