| Le nom du village de Lathuy s'écrivait d'abord Latuwit (vers 1075) et pourrait venir des mots germaniques: laet, lète: tenancier et wyc, dérivé du latin vicus, hameau. Dans la localité on prononce Lauthu.
Le village de Lathuy est bâti en majeure partie dans un vallon arrosé par le ruisseau dit de Francour, d'après le nom que l'on donne à la partie de l'agglomération située au nord-est du village. Une déclaration du doyen de Jodoigne, du 18 décembre 1704, en présentait une peinture exacte en disant que la plupart des habitations étaient situées près des communes, " qui sont toutes entrecoupées de ruisseaux, fontaines et autres décharges d'eau, qui en font un marais très difficile de passage". Quelques habitations étaient groupées le long d'un chemin à proximité de l'église et de l'école, sur la hauteur; d'autres sont rangées le long du chemin conduisant au Bois-Saint-Servais.
Tout le territoire de Lathuy appartient au bassin de l'Escaut. Les ruisseaux qui l'arrosent sont le Ruisseau d'Hussompont et celui de Brocuy. Le premier qui se jette dans le Gobertange à Saint-Remy-Geest prend sa source à Lathuy, à l'extrémité sud-ouest du centre du village, il traverse l'agglomération et sort du territoire de Lathuy par le hameau de Francourt pour entrer dans Jodoigne. Au XIXe, il existait à Lathuy une fabrique de sucre de betteraves, qui avait été établie par Mr Eugène Raeymaekers, en vertu d'une autorisation en date du 4 mai 1864. Les bâtiments se trouvaient à l'extrémité nord-est du village. Ils étaient formés de fours à calciner les os et à revivifier le charbon animal, une machine à vapeur, à haute pression, de la force de 20 chevaux, et 3 chaudières à vapeur fonctionnant à la pression de 4 atmosphères. Cette usine appartenait à la fin du siècle dernier à Mrs Paillet et Raeymaeckers et donnait du travail à 110 ouvriers et à 40 ouvrières. Un certain nombre d'habitants s'occupaient alors de la taille des pierres blanches ou émigraient pendant une partie de l'année pour exercer cette profession. Deux brasseries avaient terminé leurs activités fin XIXe. La Brasserie Lood comportait une distillerie et était située au centre de la commune. L'autre, la Brasserie Pastur, faisait partie du hameau de Brocuy. A la limite de Lathuy vers Jodoigne, à quelques mètres au nord de l'ancienne chemin de Wavre à Jodoigne, il existait un monticule qui était jadis surmonté d'un peuplier du pays et qui portait le nom de Gros Tienne; c'était peut-être les restes d'un ancien tumulus. Lathuy paraît avoir été habité de bonne heure. Le nom du village semble indiquer que les lètes[...] francs y ont été cantonnés. Pendant la révolution brabançonne [...] et lors de l'invasion française [...], en 1794, Lathuy fut le théâtre de graves désordres. Le général de Beaulieu [...], enfant du village, mais serviteur dévoué de l'Autriche, avait fait construire un château à Brocuy; des patriotes fougueux ayant menacé de le piller, le général Vander Mersch [...] ordonna au capitaine Seresia, qui commandait à Tirlemont, d'envoyer un détachement pour maintenir l'ordre à Jodoigne. Mais le département de la guerre, où dominaient des idées bien différentes de l'esprit de modération qui animait le général, enjoignit à Seresia de rappeler sa troupe à Tirlemont, et le château fut bientôt envahi et livré au pillage. A peine Beaulieu avait-il réparé ce désastre que son habitation fut livrée aux flammes. Le général français Dubois, que Beaulieu avait chassé de Bouillon l'année précédente, faisait partie de l'armée qui envahit le Brabant après la bataille de Fleurus [...]. Pour se venger de sa défaite, ou, selon d'autres, pour punir le général autrichien des actes de barbarie que ses soldats avaient commis à Bouillon, il fit, dit-on, remplir le château de bois, auquel on mit le feu. L'église Saint-Martin de Lathuy était une église entière, qui fut comprise dans le concile ou doyenné de Jodoigne à toutes les époques. Elle était à la collation [la collation confère à quelqu'un un titre , un bénéfice ecclésiastique...] du chapitre de Nivelles et jadis elle étendait sa juridiction au spirituel sur Piétrebais, qui fut érigé en paroisse distincte en l'année 1180. En 1635 l'église subit un incendie provoqué par les troupes françaises. Le 17 mai 1666 une visite épiscopale suscita de nouveaux travaux de restauration jugés urgent par les autorités. Il tombait fréquemment des pierres du portail au grand péril des passants, la nef était sale, le toit laissait la pluie passer dans les murs qui pourrissaient, la tour manquait à la fois de charpente et de couverture... Les guerres du temps de Louis XIV ne purent qu'accroître cet état désastreux; cependant on s'occupa en 1674, de la réparation de la tour et du choeur; en 1688, de la couverture de la tour; en 1700 et 1732, de la restauration de toute l'église. Pendant le règne de Marie-Thérèse [...] un long procès s'engagea entre la communauté de Lathuy et le chapitre de Nivelles au sujet de l'église du village. En 1769, les habitants avaient représenté sans succès, aux chanoinesses de Sainte-Gertrude, que cet édifice ne pouvait contenir les deux tiers de population. Ils auraient désiré un temple nouveau, ou du moins une nef nouvelle. D'après les renseignements fournis à cette occasion par l'architecte Dewez, choisi par le Chapitre comme expert, on peut juger de l'ancienneté de l'église. Elle se composait d'une tour s'élevant en tête de la nef, d'une nef, d'un transept, bordée, vers la droite, par un collatéral; d'un choeur, à gauche duquel se trouvaient la chapelle de la Vierge et la sacristie. Les fonts baptismaux occupaient la partie inférieure de la tour et la porte d'entrée s'ouvrait au bas de l'unique collatéral [nef latérale d'une église.] Il y avait peu de fenêtres pour éclairer le sanctuaire.
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JODOIGNE
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