Tout
le territoire de Mélin appartient au bassin de l'Escaut;
les ruisseaux qui l'arrosent sont le Gobertange, le Chebais
et le Ruisseau de la Fontaine Brondel.
Les habitants utilisaient l'eau des fontaines Mahotte, du Renard
et du Prêcheur. Vers 1488, Guillaume de Fontaines
fit bâtir dans sa seigneurie
de Mélin un moulin à vent, qui resta bientôt
abandonné par
suite des guerres qui désolèrent le pays et la pauvreté générale
qui en fut la suite. Plus tard, on le réédifia et on
y joignit un moulin à huile mû par des chevaux et une
batterie de chanvre. Fin du XIXe siècle, ce moulin de Gobertange
appartenait à la famille Robiano.
Il a existé à Mélin
plusieurs brasseries, et même un atelier de peignage du lin.
Le village de Mélin s'est formé à une époque
très ancienne, à l'endroit où le chemin de Jodoigne à Louvain
traverse le ruisseau de Gobertange. Des sépultures antiques
ont dû exister un peu plus vers le nord, en un endroit longtemps
appelé le Champ de la Tombe. On retrouva en 1834 une tombe
mérovingienne sur le penchant
d'une colline à Gobertange. Au XIIIe siècle, Mélin était
un domaine des ducs de Brabant.
Le village souffrit considérablement
des guerres civiles de la fin du XVe siècle, puis se releva
pendant le règne
de Charles Quint, mais fut à nouveau dévasté pendant
les guerres de religion. Le seigneur, Thierry Bouton, ayant adhéré à la
rebellion contre l'Espagne, la seigneurie fut mise sous séquestre
par ordre du duc d'Albe. Le même mois de 1568, les troupes
du Prince d'Orange vinrent camper autour de Jodoigne et pillèrent
Mélin.
En
1689, le village de Mélin consistait en un grand nombre
de belles "censes" et de maisons de manoeuvriers. Mélin
fut complètement rasé par l'armée française
du Roi Louis XIV conduite par le Marquis de Boufflers. Mélin
fut ainsi saccagé à plusieurs reprises
par les différentes armées qui traversèrent
la Belgique.
La révolution brabançonne secoua elle
aussi le petit village. Longtemps les querelles entre les deux parties
en guerre secouèrent
la vie villageoise. Le village de Mélin formait dans le Brabant
wallon une mairie particulière, dont elle constituait à la
fois le chef-lieu et la seule dépendance. Quelquefois on le
rattachait à Jodoigne.
Depuis la révolution française, il a constamment
ressorti du canton de Jodoigne.
Au 12e siècle, on mentionne des chevaliers
de Melin et, entre autres, Ségard de Melin, qui, antérieurement
aux années
1177 et 1180, donna à l'abbaye de Villers, pour la tenir à charge
d'un cens annuel, une partie de son fief.
Une autre partie du village
appartenait aux Hodeberge ou Hodebierge, qui formaient
sans doute une branche de la famille des seigneurs d'Huldenberg
près
de Bruxelles.
Ce fut le duc Jean Ier qui, en 1284, transforma
le village de Melin en une seigneurie particulière au profit
d'un fils de Waleran, duc de Limbourg, et d'Ermesinde, comtesse de
Luxembourg, Gérard
de Luxembourg, sire de Durbuy.
Les biens du seigneur de Melin furent
confisqués par Philippe
II, en 1568, à cause de son adhésion à la ligue
des gentilshommes contre les placards du roi d'Espagne. Sa veuve
récupéra
ses terres suite au traité de paix conclu entre les Etats
généraux
et le Prince d'Orange. Ses filles reprirent les terres de Melin à leur
compte. Une d'elles épousa Jean de Cordova, capitaine d'une
compagnie de lances au service des archiducs Albert et Isabelle,
puis conseiller de guerre et maître de camp dans le Milanais.
Ils eurent un fils, Don Juan, qui, n'ayant pas de descendant, légua
ses terres à ses neveux. Mais bientôt par des achats
entre les différentes parties, les terres de Melin furent à nouveau
réunies. Le domaine de Melin était considéré comme
un des plus considérables et des plus avantagés du
pays; à la
fin du 19e siècle, il avait encore une grande valeur.
Au
siècle dernier, il existait un beau château orné de
plusieurs tours, embelli de jardins magnifiques et qui, après
avoir été brûlé par accident (probablement
en 1736, lorsqu'on dut renouveler la charpente du corps de logis
de la grande cense du seigneur), fut rétabli vers l'année
1760. C'est la grande ferme voisine du cimetière, dont on
remarque encore les vastes bâtiments et dont une aile brûla à nouveau
fin du 19e. C'est ce qu'on appelait la Grande Cense du Seigneur
Outre la seigneurie de Melin, il y avait,
dans ce village, un autre fief très important, que l'on appelait primitivement le bien "Au-Bois" et
qui comprenait, outre un manoir, des terres limitées par le
bois de Melin et par le bois de Beauvechain.
L'église Notre-Dame
de la Visitation a successivement ressorti du doyenné de Melin
et au doyenné de Tirlemont. Après
le concordat, elle devint une succursale de l'église Saint-Médard,
de Jodoigne. Actuellement elle est toujours comprise dans le doyenné de
Jodoigne. La paroisse a la même étendue que la commune,
mais ce ne fut pas toujours le cas. Elle s'étendait auparavant
sur la ferme de Wahenge et 5 autres maisons du village de L'Ecluse.
La
collation appartenait à plusieurs abbayes et curés.
Selon certaines traditions, l'ancienne église de Melin, avec
ses 5 autels, ses absides, ses tableaux et ses nombreuses statues était
une des plus belles des environs. En 1543, le seigneur du village,
converti à la religion réformée, incendia le
temple et brûla les registres de la cure qu'il fit vendre.
L'église actuelle connut plusieurs restaurations et modifications.
En 1648, les abbayes de la Ramée et de Florival financèrent
de concert avec la fabrique d'église locale la réparation
de la toiture. En 1759 et 1760, l'ancien temple avait été agrandi
et l'on y avait dépensé plus de 2.200 florins, mais
les habitants réclamèrent ensuite sur son état
de vétusté.
La construction du nouvel édifice
commença
en 1777, tous les décimateurs participèrent à son
financement. Il fut terminé en 1780.
Construit d'après
les plans de l'architecte Jaumotte, l'église
consiste en un choeur de deux travées
et une triple nef de cinq travées,
dont les bas-côtés s'arrondissent
pour englober la tour. Cette dernière
qui est carrée et surmontée d'un
clocher hexagonal, s'élève du
milieu de la façade,
qui a été restaurée en
pierres de Gobertange en 1839, suite au tremblement
de terre de 1828 [...]. Elle est éclairée,
dans la partie moyenne, par des oculus, et
dans la partie supérieure,
par des fenêtres cintrées. A l'intérieur
de cette tour on lit la date 1780. La nef est
séparée des bas-côtés
par deux rangs de colonnes cylindriques qui
supportent des arcs en plein-cintre; comme
le choeur, elle est recouverte d'un plafond
dont les côtés dessinent une courbe;
un simple plafond recouvre les bas-côtés.
Le choeur et la travée qui précède
sont lambrissés en bois de chêne,
orné de sculptures.
Outre le maître-autel qui est dédié à Notre-Dame
du Rosaire, il y a deux autels latéraux
consacrés,
l'un à la
vierge, l'autre à saint Joseph. Une
toile de 1870 attribuée
au peintre Herbo surmonte le maître-autel.
On peut également
remarquer une chaire de vérité Louis
XV et un important mobilier Louis XVI, confessionnaux,
lambris, ...)
à lire également : la pierre de Gobertange (en construction)