Les temps modernes
Après l'important développement
du moyen âge, le XVIe siècle d'abord(avec les guerres
de religion et les conflits entre l'Espagne et les Provinces-Unies)
puis le XVIIe (qui reçut le triste surnom de Siècle
des malheurs) entraînèrent la ville dans une longue
période de déclin.
Pendant deux siècles, ce ne fut qu'une succession de sièges,
pillages, destructions, incendies et épidémies, aggravées
parfois de calamités naturelles: un ouragan ravage le quartier Saint-Médard
en 1561. Les troupes du Prince d'Orange incendient l'église Saint-Médard
en 1568, puis la ville dix ans plus tard. Les armées hollandaises saccagent
la cité en 1588 et 1635, avant d'assiéger à nouveau la
ville en 1638. Les Espagnols en retraite avaient entre-temps déjà incendié la
Chapelle du Marché en 1632.
Les épidémies n'épargnèrent pas non plus la population:
la peste, qui sévissait à l'état endémique dans
l'ensemble de nos régions frappe en 1597, en 1632 et surtout en 1668,
lorsqu'elle décime un dixième des habitants en fauchant 154
personnes.Signe des temps, cette douloureuse période est encore assombrie à Jodoigne, comme dans
d'autres localités, par la condamnation de plusieurs malheureuses
femmes accusées de sorcellerie et brûlées vives.
Le comble de l'horreur fut atteint en 1624 avec neuf exécutions
! La légende de la Gadale, qui laissera le nom associé à la
ville (Jodoigne est dite parfois "Cité de la Gadale") est
plus récente mais fait peut être référence à ces épisodes
anciens qui frappèrent les mémoires.
Avec l'accession de Charles-Quint au trône d'Espagne puis l'Empire (en1519),
Jodoigne cessa d'être le domaine du Duc pour devenir celui du Roi. En
1658 toutefois, le Roi d'Espagne en fit cession à Philippe de Ligne,
duc d'Aarschot et d'Aremberg. Puis en 1664, le domaine fut acquis par Winant
Comte de Glymes dont le cénotaphe orne la nef de la Chapelle du Marché.
L'année 1700 vit la joyeuse
entrée du nouveau seigneur, le marquis Louis de Borgia de
Tarazena, gouverneur d'Anvers, neveu de Philippe de Ligne. En 1729,
la seigneurie devint possession du comte de Romrée, et son épouse,
née Jeanne-Isabelle Vecquemans, qui firent alors transformer
en 1730 les vieux bâtiments délabrés en la belle
bâtisse appelée Château de la Comté, aujourd'hui
connue sous le nom de Château Pastur. Le calme revint en effet
au XVIIIe siècle et l'on reconstruisit activement: après
le Château de la Comté, ce fut au tour de l'Hôtel
de Ville en 1733.
Le malheur pourtant semble s'acharner : le 8 avril 1735, un vendredi
saint, vers 11 heures du matin, un incendie ravage tout le quartier
de l'Hôtel
de ville, attisé par un vent violent. Des dizaines de maisons sont détruites
dans le bas de la Grand-place, place de la Bruyère (où se trouvait
alors la Cure de Saint-Médard qui est détruite; elle sera plus
tard reconstruite à son emplacement actuel près de l'église)
et jusqu'à l'actuelle rue Sergent Sortet.La
fin du siècle fut à nouveau
assombrie lorsque pendant l'occupation française, le Directoire,
prit en 1798, des mesures impopulaires qui hérissèrent
la population: décisions anti-religieuses, comme la transformation
de l'église Saint-Médard en temple de la déesse
Raison et l'expulsion des soeurs grises qui tenaient l'hôpital,
ou des décisions militaires comme la conscription, qui déclarait
soldat tous les célibataires de 20 à 25 ans. La région
devint alors un important foyer de lutte armée contre les
autorités françaises, sous la conduite d'Antoine Constant,
dit Constant de Roux-Miroir. Au terme d'audacieux coups de mains,
les insurgés s'emparèrent de Jodoigne à deux
reprises, en octobre et novembre 1798.
Par contre, sous le 1er empire, de nombreux Jodoignois servirent
dans les armées
de Napoléon, plusieurs perand la vie aux quatre coins de l'Europe
au cours des multiples campagnes.Après la période française,
les biens des anciens seigneurs de Jodoigne, passèrent au
marquis Ferdinand, vicomte de Bavay, neveu du Comte Ferdinand de
Romrée, dernier seigneur du lieu.
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période gallo-romaine - le
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