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Dongelberg

Le nom de la commune de DONGELBERG est évidemment d'origine flamande. La dernière syllabe signifie "montagne", ce qui correspond parfaitement à la situation de l'église et du château sur un coteau qui domine la vallée de l'Orbais; quant au préfixe "Dongle", il dérive sans doute du flamand "Donkel" ou de l'allemand "Dunkel", en français ténébreux, obscur, sombre.

Dongelberg

La commune de Dongelberg est limitrophe de celles de Jodoigne-Souveraine, Jauchelette, Glimes, Incourt, Roux-Miroir, Piétrebais et Lathuy.

En 1816, l 'administration du cadastre divise la commune en deux sections: le Gailbiez et le Village.

A l'exception des rives de l'Orbais qui sont fort encaissées en quelques endroits, le territoire de Dongelberg se compose de belles campagnes légèrement ondulées et se prolongeant vers le nord jusqu'au ruisseau de Saint-Denis qui le sépare de Piétrebais. Le point culminant est la ferme de Gailbiez.

dongelberg

On comptait à Dongelberg: en 1666, 160 communiants; en 1709, 139 habitants, en 1784, 330 habitants...

Il existait jadis à Dongelberg deux moulins à eau: l'un qui formait une annexe de la seigneurie de Roux-Miroir, l'autre qui dépendait de la terre de Dongelberg. Le deuxième moulin était bâti à l'extrémité du chemin dit du Moulin, au pied d'un rocher, il était plus connu sous le nom de Moulin De Vroye ou Grand Moulin, il possédait deux roues hydrauliques et deux couples de meules.


L'autre moulin existait déjà en 1352 au lieudit "le Fayt" et produisait alors un revenu annuel de 28 muids(à définir)(ancienne mesure de capacité pour les liquides, les grains, le sel; à Paris en 268 l pour le vin et 1872 l pour les matières sèches) de grains, mais il était déjà tombé en ruines en 1531 et ne fut plus rétabli. D'après les coutumes du village de Roux-Miroir, tous les habitants de ce village et d'une lieue à l'entour étaient tenus d'y faire moudre leur blé, que le meunier ou son domestique devait venir prendre et restituer en farine. Le meunier recevait pour son salaire une paille par setier (à définir)(ancienne mesure de capacité pour les grains (entre 150 et 300 litres environ), c'est-à-dire un douzième; si la farine restituée ne correspondait pas à la qualité de grains remise par le cultivateur, celui-ci pouvait saisir le cheval du meunier et le garder jusqu'à restitution du grain détourné, et, dans ce cas, il ne devait donner au cheval que de l'eau à boire.


En l'année 1809, Jean-Henri Plique, de Jodoigne-Souveraine, construisit à Dongelberg une batterie à chanvre qu'il transforma ensuite en moulin à farine. Une autre batterie à chanvre fut installée dans l'espace qui séparait le Moulin Plique du Grand Moulin. Plus tard M. Libois le transforma en moulin à grains et édifia une nouvelle batterie à côté de ce dernier. La Batterie Motte comme on l'appelait possédait une roue et une paire de meules.


En 1860, M . Grognard fut autorisé à établir, au niveau 95 mètres 02 en aval du pont et de l'ancienne école de Dongelberg, en amont du Grand-Moulin, une roue qui faisait mouvoir une pompe destinée à extraire l'eau des carrières qu'il exploitait.

En 1872, 24 ouvriers environ s'occupaient de l'extraction et de la taille des pierres; quelques habitants se livraient à l'industrie linière.

Le village de Dongelberg constitue une des agglomérations qui se formèrent, à une époque déjà reculée, le long de la rive occidentale de l'Orbais. Le grand chemin de Louvain à Namur y passait. Cette voie, après avoir fait un coude par le centre d'Incourt, se dirigeait ensuite vers Jauchelette. La preuve qu'il se faisait par ce chemin un assez grand commerce, c'est qu'on levait à Dongelberg un tonlieu[Impôt ou taxe que l'on percevait sur les marchandises transportées. Droit payé par les marchands pour étaler dans les foires et marchés.] au profit du seigneur.

Dans l'acte de fondation du chapitre d'Incourt, en 1036, Incourt et Brombais sont signalés comme situés dans le comitatus de Dongelberg. On ne doit pas en conclure que ce dernier village ait été jadis la capitale d'un véritable pagus ou comté; Tarlier et Wauters croyaient plutôt qu'il était simplement le centre d'une des subdivisions des domaines des Comtes de Louvain, comprenant probablement tous les biens que ceux-ci possédaient sur les bords de l'Orbais et de la Gette , entre les terres des comtes de Grez, des comtes de Duras et des seigneurs de Jauche.

Le 16 mars 1465, Louis, seigneur de Dongelberg, ayant demandé au maire et aux échevins l'ouverture de leur coffre d'archives pour avoir des éclaircissements au sujet du vinage ou tonlieu qu'il avait le droit de percevoir, on y trouva un registre aux cens [Redevance fixe que le possesseur d'une terre payait au seigneur du fief] de la seigneurie, qui avait été renouvelé en 1416 par le prêtre Jean Waissart, en présence du maire, des échevins et de la plupart des masuiers et tenanciers de la seigneurie. Dans le tarif du vinage figurait un grand nombre d'articles: sacs de laine, chariot de plomb, de fer, balles d'amandes, de riz, d'alun, de cumin, marc de vieil argent, des noix de muscades, des clous de girofle, milliers de harengs, saumon, tonneau de souffre, etc.

Pendant les guerres qui désolèrent notre pays, le château de Dongelberg fut plusieurs fois assailli et dévasté.

Au dix-neuvième siècle, le château fut reconstruit, de même que la cure et l'église. De nouvelles usines furent établies ainsi que plusieurs carrières.

Dongelberg formait autrefois une mairie particulière, sauf que parfois il était compris dans celle de Jodoigne Depuis la Révolution Française (An III), le village fait partie du canton de Jodoigne.

Dongelberg ne figure pas dans les anciens comptes des baillis de Nivelles et de Jodoigne. La justice à tous les degrés y appartenait aux seigneurs du lieu.

La seigneurie de Dongelberg avait la haute, moyenne et basse justice dans le village, avec tous les droits qui y étaient attachés. En 1495 elle comprenait une forteresse ou château, dont il ne restait, en 1659, que des vestiges; une basse-cour ou cense, qui brûla quelque temps plus tard, une brassine ou brasserie banale [banal: dont les gens d'une seigneurie étaient tenus de se servir en payant une redevance au seigneur], un moulin à eau également banal, un "estordoir" ou tordoir [moulin à huile] également incendié mais restauré en 1530, plusieurs terres et prés ainsi que quelques tonlieu et autres taxes...

Le château de Dongelberg souffrit considérablement des guerres dont notre pays fut le théâtre, et en 1659, il n'en restait que des ruines. Jacques-Philippe de Dongelbergh fit réparer et embellir le manoir. Un burin [gravure au burin] du graveur Harewijn nous a transmis une vue de l'état dans lequel se trouvait ce château. La porte d'entrée, avec son portail à pilastres et fronton, était pratiquée dans une petite tour carrée, à toit en cloche et campanile[clocher]; elle donnait accès à une première cour, presque partout entourée de bâtiments servant de dépendances, et dont le milieu était occupé par un puits; au fond de cette cour, vers la gauche, un mur avec balustrade, séparait cette première cour de la seconde, autour de laquelle étaient disposées des corps de logis principaux, et dans le nombre, une haute tour, également carrée, à toiture en forme de cloche, surmontée d'un petit campanile et d'une grande girouette. L'église et le cimetière se trouvaient à côté des dépendances, à gauche, et semblaient ne former qu'un corps avec le manoir.

Dongelberg carte postale

En 1835, la famille d'Argenteau, propriétaires du domaine à l'époque, cédèrent les biens à MM. Pastur et Wirix qui les vendirent au baron Joseph-Louis Osy de Zegwaert, de Rotterdam. Son fils, le baron Iwan-Marie Osy de Zegwaert a considérablement embelli et agrandi le domaine de Dongelberg.


Le baron Osy père fit exécuter de grands travaux au château, sous la direction de l'architecte Moreau, de Nivelles. A côté du donjon, sur l'emplacement du corps de logis adjacent, il fit élever un pavillon de forme carrée et d'une architecture très simple. Son fils fit transformer complètement ces constructions et leurs alentours, sous la direction d'un architecte français, M.Parent. Au nord-ouest du château, on construisit, en 1863-1864, de magnifiques écuries, qui entouraient une cour de trois côtés. Elles furent bâties en briques rouges et en pierres blanches.


La villa édifiée par l'architecte Moreau fut remplacée par un vaste corps de logis, dans lequel M.Parent a déployé avec une exubérante élégance, l'architecture française du règne de Louis XIII. Ce corps de logis est flanqué à chaque extrémité d'une tour et présente, en son milieu, un pavillon qui fait saillie sur la façade vers le nord-est. Sous toute l'étendue de l'édifice règne un soubassement, où des fenêtres à encadrement de pierre bleue, éclairent les caves et les souterrains.

Le pavillon est surmonté d'un toit à la Mansard , percé de fenêtres, et couronné par un campanile octogone. Les tours latérales sont rondes et décorées de manière à continuer le corps de logis principal. Ce riche spécimen d'architecture renaissance, bâti en briques et en pierres blanches, avec ses grands toits d'ardoises, ses cheminées, ses tourelles produit un bel effet lorsqu'on l'aperçoit de loin, de la chaussée de Tirlemont vers Charleroi.

dongelberg-nouvelle-eglise-de-dongelbergEn 1904, une communauté bénédictine française exilée de son monastère de Sainte-Wandrille suite au vote de la loi Combes, s'installa dans le château.
Quelques pièces furent aménagées en lieu de culte jusqu'au départ de la communauté en 1913.


Au cours de la première guerre mondiale, une colonie d'enfants débiles [DEBILES:
désignait des enfants qui manquaient de forces physiques suite à une sous-alimentation ou à une grave maladie] fut installée dans le domaine de Dongelberg. Cette colonie fut à l'origine de la création du home Henri Velge (Oeuvre Nationale de l'Enfance), du nom du premier secrétaire général de la Commission d'Alimentation de l'Enfance, commission dont la création avait été décidée le 1er juillet 1916.


L'église de Dongelberg a été reconstruite il y a peu.

L'église Saint-Laurent fut à toutes époques comprise dans le doyenné de Jodoigne. La commanderie de Chantraine, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en avait la collation [action de conférer à quelqu'un un titre, un bénéfice ecclésiastique]. Après le concordat [accord entre le pape Pie et Bonaparte en 1801 ???], Dongelberg fut compris dans la paroisse de Roux-Miroir. Bientôt les habitants, dont Mme d'Argenteau, demandèrent que l'église fut rouverte et eût un prêtre particulier.

L'église était, au XVIIe siècle, un petit édifice sans caractère et sans importance. Lorsque l'évêque de Namur en fit la visite, le 29 mai 1666, le pavement manquait en beaucoup d'endroits; le plafond à l'extrémité du temple tombait de vétusté; les murs du cimetière s'étaient écroulés ou menaçaient ruine. Le temple fut reconstruit vers l'année 1770. Il formait un vaisseau assez large, s'arrondissant à l'entrée del'abside [Extrémité d'une église, derrière le choeur.], qui était terminée par un mur plat, amorti aux angles. Toute la construction était en briques, sauf le soubassement, les anglées et les encadrements des fenêtres, pour lesquels on avait employé la pierre blanche. Une tribune servant exclusivement aux possesseurs du château occupait toute la largeur de la nef, qui recevait le jour de chaque côté, par trois fenêtres en plein-cintre, dont la première était une porte-fenêtre. Au choeur et dans la tribune le jour pénétrait par un oculus. [fenêtre ronde, oeil-de-boeuf] Un plafond surbaissé recouvrait tout le vaisseau. A gauche du choeur s'élevait une tour carrée surmontée d'un clocheton revêtu d'ardoises; à droite se trouvait la sacristie.

L'église souffrit du tremblement de terre de 1828 et fut restaurée en 1835. Le peu de ressources de la fabrique et de la commune semblait lui assurer encore une longue existence lorsque M. Osy conçut le projet de reconstruire entièrement son château et d'en transformer les abords. L'église fut alors condamnée comme malsaine,insuffisante et d'un accès difficile, et le presbytère comme tombant de vétusté. L'un et l'autre édifices furent cédés au Comte pour la somme de 21.000 francs le 15 mars 1867. Une nouvelle église fut construite d'après les plan de M. Coulon. Celle-ci, située sur le site de l'actuelle église, faisait face aux écuries du château et pouvait contenir 600 personnes. C'était un beau vaisseau ayant la forme d'une basilique. Elle se composait de trois nefs séparées l'une de l'autre par deux rangées de quatre colonnes, qui supportaient cinq arcades en plein-cintre. Chaque bas-côté recevait le jour par cinq fenêtres en plein-cintre et, de chaque côté de la grande nef, dans les tympans (Espace compris entre le linteau, pièce horizontale qui ferme la partie supérieure d'une ouverture et soutient la maçonnerie, et l'archivolte d'un portail, bande moulurée concentrique située à la partie intérieure et concave d'une arcade) de la voûte, on en voyait un même nombre, qui étaient en anse de panier(arc dont la courbe surbaissée a la forme d'une demi-ellipse). L'abside (extrémité d'une église derrière le choeur lorsqu'elle est arrondie en hémicycle) qui était à trois pans, était éclairée: au chevet (extrémité d'une église), par une grande fenêtre cintrée et, sur chacun des côtés, par deux fenêtres accolées et surmontées d'une troisième, toutes en anses de panier. A gauche du choeur se trouvait la sacristie; à droite s'ouvrait une tribune qui avait été concédée à perpétuité à M. le Baron Osy, pour lui et sa famille. Toutes les voutes sont à arête. L'ordre employé est un ionique(un des trois ordres grecs caractérisé par un chapiteau, partie élargie qui couronne le sommet d'une colonne, orné de deux volutes latérales,ornement d'architecture, enroulement sculpté en spirale) légèrement modifié.

L'édifice était bâti en briques et en pierres, ces dernières provenant, en partie des carrières de la Lorraine.

Le village de Dongelberg a vu naître Guillaume de Dongelberg, religieux de l'ordre de Citeaux; élu abbé de Villers, il devint le chef du puissant monastère de Clairvaux en 1236 ou 1237 et mourut en 1242. Ce fut pendant son administration dans la première de ces maisons religieuses que l'on en fonda les deux filles: Grandpré, dans le comté de Namur et Saint-Bernard, près d'Anvers.

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Jauchelette

Jauchelette ne doit pas être confondu avec le hameau situé sous Perwez. Leur dénomination commune signifie "Petit-Jauche", par opposition au bourg du même nom, que l'on appelait parfois "Grand-Jauche". Tarlier et Wauters font remarquer comme singularité la circonstance que Grand-Jauche est situé sur le cours d'eau que l'on connaît, de temps immémorial, sous le nom de Petite-Gette ou petite-Jauche, tandis que le ruisseau arrosant les deux Jauchelette s'appelle la Grande-Gette.

La commune est limitrophe de celles de Jodoigne-Souveraine, Huppaye, Bomal, Glimes et Dongelberg.

Le cadastre divise le territoire de Jauchelette en deux sections:

o delà l'Eau.
o de la Ramée.
Le village de Jauchelette est aggloméré sur la rive droite de la Grande-Gette, de manière à rejoindre d'une part le hameau d'Orbais qui dépend de Jodoigne-Souveraine, de l'autre le village de Glimes. Par le Chemin de Dongelberg, il va rejoindre à l'ouest de la rivière la chaussée de Tirlemont à Charleroi. Il n'existe pas de hameau, car on ne peut donner ce nom aux 2 ou 3 maisons qui forment avec l'ancienne abbaye de la Ramée, l'écart de ce nom.

Le territoire de Jauchelette présente deux plateaux dont la surface est assez plane, surtout celle de l'espace complètement déboisé qui s'étend entre l'Orbais et la Gette; mais la vallée arrosée par ce dernier cours d'eau et ses abords sont très accidentés et offrent en quelques endroits des pentes rapides et même escarpées. Le point culminant se trouve au centre de la commune, où l'on a constaté une altitude de 103 mètres.

Jauchelette

Le territoire de Jauchelette appartient au bassin de l'Escaut; il est arrosé par la Grande-Gette, le Saint-Pierre et le Metchebais. Le Saint-Pierre vient de Jodoigne-Souveraine, forme la séparation de cette commune et de Jauchelette, et se réunit à la Grande-Gette, après un parcours mitoyen de 200 mètres. Le Metchebais (Ruisseau de Metchebais, 1791) n'est qu'un faible filet d'eau qui coule du sud au nord et qui, après avoir formé, sur une étendue d'environ 250 mètres, la séparation de Jauchelette et de Dongelberg, entre complètement dans cette dernière commune avant d'aller se joindre à l'Orbais.

Il n'a existé longtemps qu'un moulin à eau, à Jauchelette, celui dit de la Ramée, qui était banal [...], mais ce nombre a été rapidement porté à quatre, tous situés sur la Gette.

Au sud des bâtiments conventuels [Conventuel: qui appartient à une communauté religieuse] se trouvait un petit moulin qui avait été établi par le monastère et dont la destination première était comme son nom l'indiquait "la Scierie". Il est resté inutile de nombreuses années avant d'être remis en service en 1862, comme moulin à moudre le grain, par M. Charles Favart. Le moulin de La Ramée qui était jadis banal, fut donné à l'abbaye en 1216 par Gérard, seigneur de Jauche. A la fin du 19e siècle, il était encore en activité sous la direction des héritiers Constant et était désigné sous la dénomination "Moulin Lesage".

L'usine Baugniet fut d'abord une simple usine à fer, qui fut établie par un nommé Lamquet à l'époque française. Elle appartenait en 1815 à Messieurs d'Autrebande, maîtres de forges à Huy et était exploitée par M. Albert Baugniet; l'usine consistait alors en un martinet à deux marteaux [martinet: gros marteau d'usine mis en mouvement par la vapeur ou le courant d'eau]. En 1844, Baugniet y joignait un moulin à farine. Fin 19e, le moulin Maka possédait deux roues, l'une pour la soufflerie, l'autre pour la forge et le moulin; elle occupait 5 ouvriers et produisait pour 50.000 francs de fer; on n'y emploie que de la mitraille. Une brasserie y était jointe.

Le dernier moulin fut établi par Antoine Lekenne et Jean-Joseph Debauche durant la période française (30 messidor an IV). Il fut rebâti en 1858.

En 1374, il n'y avait à Jauchelette qu'une "chambre à brasser" ou brasserie, non compris, bien entendu, celle qui existait à la Ramée, comme dans tous les autres monastères. Valérien de Glimes en établit une, pour laquelle, on payait à la baronnie de Jauche, en 1573-1574, un cens annuel de 52 sous et une poule. Le nombre de brasseries s'éleva à trois, puis à quatre; il est retombé à deux fin du 19e. La distillerie conventuelle ne travaillait déjà plus à cette époque.

Un atelier de charronnage [charronnage: fabrication et entretien des charrettes, des charrues, des voitures], commencé par M. Baugniet, occupait de très élégantes constructions, placées le long de la route de Tirlemont à Saint-Michel, au coin du chemin pavé qui conduisait au village.

Jadis, le territoire de Jauchelette était en grande partie couvert de bois et de bruyères, notamment vers l'est. Un diverticulum romain (voie secondaire du réseau routier romain), que les cartes du 17e siècle baptisent du nom de petite chaussée et que l'on appelait aussi le Chemin de Nivelles à Landtfermée ou Landen (ou encore Chemin de Perwez à Jodoigne, 1751), y traversait la Gette, venant de Perwez et se dirigeant vers Orp-le-Petit et de là vers Waremme, où il rejoignait la Grande Chaussée.

D'autres chemins sont repérables dans la région de Jauchelette. Il n'y aurait donc rien d'étonnant qu'au milieu de ces voies de communication, une villa romaine, entourée d'un parc, aurait existé à l'endroit où fut fondée depuis l'abbaye de la Ramée.

Jean-Jacques Gaziaux situe l'origine de Jauchelette dans l'existence d'un fortin instauré par les Romains pour protéger leurs voies de communication, fortin qui aurait dominé la Gette et dont une preuve serait l'appellation Castillon, le Tchès'lon de Jauchelette.

Le village de Jauchelette ou Petit-Jauche fut peut-être fondé par les seigneurs de Jauche. En effet, ses territoires étaient compris dans ceux de ces seigneurs, qui y avaient droit de justice et d'impôt.

En vertu d'une donation dont la trace est perdue, une grande partie de Jauchelette appartenait aux abbesses de Nivelles qui y possédaient terres et chaumières, dont le loyer était payé sous la forme de chapons.

L'abbaye de la Ramée fut fondée par l'abbesse de Nivelles, Helewide, la fille de Gérard, le seigneur de Jauche, dans les premières années du treizième siècle. Elle accueillit les religieuses qui quittaient un petit couvent qu'elles avaient fondé vers l'an 1207 à Kerckom, près de Tirlemont, sur les bords de la Velpe. Le premier site avait été abandonné en raison de l'aridité de son sol. La localité de Jauchelette baignée par la Gette offrait une meilleur situation. Le monastère prit le nom de la Ramée d'après les bois qui l'entourait. Il suivait la règle de Citeaux ou de Saint-Bernard. Le corps du Seigneur de Jauche, Gérard, décédé en Orient, fut ramené à La Ramée en 1216.

Jauchelette fut également le théâtre en 1568 d'une bataille très violente entre les troupes du prince d'Orange qui s'y étaient réfugiées et les Espagnols du Duc d'Albe. Après d'âpres combats, les Espagnols sortirent vainqueurs du village dont certaines maisons étaient dévastées par les flammes.

Jean-Jacques Gaziaux et L.G. Genicot ne s'accordent pas avec la version de Tarlier et Wauters et cite un témoin oculaire des événements, Courtewille, qui situe l'action guerrière sur les bords de la Petite Gette près de Jauche.

La suppression de l'ancien régime a été favorable au village, qui acquit une certaine importance au point de vue industriel. En 1817, on y a établi, et en 1822, maintenu un canton de milice ou canton administratif, composé de la partie méridionale du canton de justice de paix de Jodoigne, c'est-à-dire des communes de Jauchelette, d'Autre-Eglise, de Bomal, de Dongelberg, d'Enines, de Folx-les-Caves, de Glimes, d'Huppaye, d'Incourt, de Jandrain, de Jauche, de Jodoigne-Souveraine, d'Opprebais, de Ramillies et de Roux-Miroir.

Le village tout à fait rural connaîtra quelques innovations de type semi-industriel. Ainsi, en 1838, le propriétaire de la Ramée y établit une fabrique de sucre de betteraves, mais son activité ne dura que six ans. L'exploitant du Maka prit en quelque sorte la relève en adjoignant à sa forge un moulin à farine activé par la même roue. Le nouveau propriétaire de la Ramée remettra le sien en activité en 1862 mais pour peu de temps. Son fermier installa une féculerie de pommes de terre qui fonctionna après 1875.

Mais l'héritage de la Ramée vint à être partagé. En 1903, l'ancienne abbaye se transforma en une sorte de maison de repos où s'établirent des Dames du Sacré-Coeur. La ferme qui changea de propriétaire et d'exploitant à de nombreuses reprises, est toujours appelée "l'Abîje" par les villageois, tandis que l'expression "les Bègenes" désigne le couvent.

De la première guerre mondiale, on retiendra le passage de Uhlans, les réquisitions, le ravitaillement, la misère.

Durant l'entre-deux guerres, "l'Abîye" et les religieuses jouèrent à nouveau un rôle important, en fournissant du travail respectivement aux journaliers et des écoles surtout des filles.

Dès la fin de la guerre, on assiste aux débuts de l'éclairage électrique à l'initiative du meunier du Maka. L'ancien cimetière qui entourait l'église est désaffecté en 1922.

Le 12 mai 1940, la Luftwaffe bombardait l'église de Jauchelette, où les enfants célébraient la communion solennelle. On ne déplora que des dégâts matériels, mais beaucoup d'habitants se lanceront dans l'exode vers la France pour revenir pendant l'été avec leurs souvenirs...

Du temps de l'abbaye de la Ramée, transférée à Jauchelette en 1215, la commune comptait deux paroisses: celle de Jauchelette dite l'Abbesse et dédiée à sainte Gertrude, et celle de la Ramée.

L'église Sainte-Gertrude de Jauchelette ressortit constamment au concile du doyenné de Jodoigne, tant lorsqu'elle dépendit du diocèse de Liège, puis de celui de Namur, que depuis son annexion à l'archevêché de Malines. La collation [...] appartenait à l'abbesse de Sainte-Gertrude de Nivelles.

Selon Tarlier et Wauters, le temple paroissial, dont l'entretien incombait au curé, en sa qualité de décimateur [...], n'a aucune importance. Lorsque l'autorité diocésaine en fit la visite, le 19 septembre 1662, le plafond était dégradé à proximité du clocher, les murs du cimetière tombaient en ruine, la nef contenait beaucoup de bancs abîmés et trop anciens. L'édifice a été reconstruit, ou du moins réparé complètement vers 1753.

Plus tard, comme la tour et la charpente du clocher menaçaient de tomber de vétusté, on y fit, en 1823, des travaux.

La tour est carrée; elle est construite en brisques avec base et anglées en pierres blanches; un petit clocher octogonal la surmonte. La nef comprend quatre travées; le choeur, qui est flanqué de deux sacristies, l'ancienne au nord, la nouvelle au midi, se compose d'une travée et d'une abside à trois pans. Tous le vaisseau du temple, sauf les anglées qui sont en pierres taillées, est en moellons provenant de la localité et reçoit le jour par des fenêtres à cintre surbaissé.

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Jodoigne

Le Château Pastur ou de la Comté

Le Château Pastur ou de la ComtéEgalement appelé "Château de la Comté", ce château, auquel la Ville de Jodoigne doit son existence, se dressait sur une hauteur abrupte dominant le passage de la Gèthe.

On ne peut fixer, même approximativement l'époque de sa fondation. Son origine peut être préromaine ou romaine; elle peut au contraire ne dater que de la période des invasions normandes. L'existence du château toutefois n'est certaine qu'au XIIe siècle. Il apparaît alors sur le sceau du Duc Henri Ier.

patrimoine-sceau-chateau-pastur

Les Comtes de Duras

patrimoine-monument-chateau-pasturIl y a grande apparence cependant que le château existait au siècle précédent. Au début du XIe siècle nous trouvons, en effet, le domaine de Jodoigne en la possession d'une dame Erlende qu'un acte postérieur (1179) qualifie même de Olim Comitissa Geldonensis (autrefois comtesse de Jodoigne).
Mais le Comté sur lequel régnait Erlende est plus souvent appelé comté de Duras et comme Jodoigne était une possession allodiale, on peut supposer, avec l'historien Vanderkindere, qu'Erlende était l'héritière de Jodoigne et qu'elle transmit cette seigneurie à son mari qui lui fut comte de Duras. Vanderkindere va même plus loin et émet l'hypothèse qu'Erlende serait la fille S'Alpaïde, Comtesse d'Hougaerde ou de Brunengeruz, qui d'après une vieille inscription aurait donné Jodoigne à l'église St-Paul de Liège.

patrimoine-facade-chateau-pasturQuoi qu'il en soit, le fait que Jodoigne constituait dès lors une seigneurie importante, permet de croire à l'existence du château dès le début du XIe siècle, époque à laquelle nous le trouvons aux mains des comtes de Duras. Le château, comme ses environs, appartint près de deux siècles à ceux-ci . En 1183, territoire et château furent conquis par Henri Ier, duc de Brabant. Il est impossible de dire quelles modifications, les successeurs d'Henri Ier (ducs de Brabant et de Bourgogne, rois d'Espagne) ont apportées à l'architecture primitive du vieux manoir; cette architecture nous étant du reste inconnue complètement. Aucune trace ne subsiste de l'ancien château fort; il fut entièrement brûlé en 1578 par les troupes des Etats- Généraux en lutte contre Don Juan d'Espagne et il ne fut pas reconstruit : on se borna à en réparer les ruines tant bien que mal afin de fournir une habitation au receveur du domaine qui, avant l'incendie, avait sa résidence dans le château. Au XVIIe siècle, la triste situation financière du gouvernement des Pays-Bas espagnols, obligea celui-ci pour se créer des ressources à donner en engagement à des particuliers et moyennant finances, avec une grande partie du domaine royal. C'est ainsi qu'en 1658, le domaine de Jodoigne et la demeure du receveur, c'est-à-dire l'ancien château furent engagés pour la somme de 160.000 livres à Philippe, duc d'Aerschot et d'Arenberg. Celui-ci le vendit en 1664, au Comte Winand de Glimes.

Les descendants de Winand de Glimes le cédèrent à leur tour en 1696, à la duchesse d'Aerschot, Marie-Madeleine de Borja. L'héritier de celle-ci (1700) don Louis de Borja en laissa, en mourant, l'usufruit à sa veuve la princesse d'Esquilacha (1718). En 1729, les héritiers de don Louis de Borja vendirent le domaine de Jodoigne à Jean-Jos. Vecquemans baron de la Vère, au profit du gendre de celui-ci Jean-Englebert de Romrée, seigneur de Bonheyden. Englebert de Romrée, l'année suivante, releva le titre de comte qui avait été accordé autrefois à son père et ce titre fut depuis appliqué à la terre de Jodoigne.

patrimoine-facade-chateau-pasturC'est en 1730, que le nouveau comte fit construire le château actuel. Après l'invasion française, le château fut possédé par le vicomte de Bavay qui le détenait par héritage de la famille de Romrée. En 1833, le 13 avril, lorsque les Soeurs de la Providence arrivèrent à Jodoigne, elles s'installèrent dans le château qui leur avait été loué pour y établir une école et un pensionnat. Les soeurs quittèrent le château vers la fin de 1834 et c'est probablement en cette année que Mr Philippe Joseph Pastur, notaire, l'acheta à la famille de Bavay. Le mur d'enceinte, depuis la rue du Château sous l'entrée du XVIIIe siècle jusqu'à l'ancien rempart qui s'élève le long de la Gadale, ne fut construit que de 1866 à 1872.

Les bâtiments ont fortement soufferts du fait de l'occupation par les armées allemandes de 1940 à 1945 d'abord, par des sinistrés qui y habitèrent, ensuite. Le château fut racheté en 1960 par la Congrégation des soeurs de l'Union du Sacré-Coeur de Hoegaarden pour y installer un pensionnat. Abandonné par l'école des filles qu'il renfermait, le Château Pastur fut mis en vente. La ville de Jodoigne l'acquit pour le restaurer et y installer dès le 22 mai 1988 les services administratifs, et la transformer en hôtel de ville en 1994.

Eglise Saint-Médard

patrimoine-eglise-st-medardAucun document précis ne permet d'assigner une date précise à l'origine du premier temple dédié à St-Médard; il existait déjà en 1020, époque ou Erlende, veuve du Comte de Duras et Dame de Jodoigne, y fonda une messe quotidienne pour les trépassés.

En 1173, le Comte Gilles de Duras, donna l'église et tous ses biens à l'Ordre de l'Hôpital St-Jean de Jérusalem ou l'Ordre de Malte, à la condition que les frères y établissent dix d'entre eux comme desservants; mais en 1177, l'évêque de Liège réduisit ce nombre à sept.

A la suite de cette donation, le vieux temple n'étant plus probablement en rapport avec ses dirigeants, il y a tout lieu de croire que c'est à partir de ce moment que l'église actuelle fut bâtie.

On n'a pas conservé de traces des bâtiments de la première église, quant à celle d'aujourd'hui, Wauters fait remonter le début de sa construction au 12e siècle. D'après Bouvier, au contraire, l'église daterait du 13e siècle etles travaux auraient été dirigés par l'architecte chargé de surveiller la construction de l'église St-Quentin de Louvain. Cette dernière époque est confirmée par le chanoine Lemaire dans son livre "Les origines du style gothique du Brabant." vu que cet auteur date de l'an 1200 environ la plus grande partie inférieure de l'église St-Quentin de Louvain.

patrimoine-statue-en-bois-polychrome-de-st-medardSi l'incertitude plane sur l'origine de ce temple, la tradition nous a cependant transmis une légende à propos de sa construction. Cette légende nous apprend qu'on avait commencé à construire l'église à un endroit dit "le vieux cimetière"; mais une nuit, des mains mystérieuses transportèrent tous les matériaux sur la colline voisine et le peuple y voyant la volonté divine, on bâtit l'église à l'endroit désigné, c'est-à-dire, où elle se trouve actuellement.

En 1600, l'église fut la proie des flammes et "pendant sa reconstruction, les paroissiens de St-Médard durent se rendre à la chapelle Notre-Dame pour y recevoir les sacrements et assister aux offices divins." Autrefois, le presbytère de St-Médard se trouvait sur la Bruyère, il fut complètement détruit en 1735 par un incendie; c'est probablement à partir de ce moment que la cure fut installée près de l'église.

Jusqu'au 16e siècle, l'Eglise St-Médard ressortit à l'évêché de Liège; elle fit ensuite partie de celui de Namur et depuis le concordat (1801), elle appartient à l'évêché de Malines. Notre patron St-Médard est né en 457 au village de Salency, près de Noyon; il fut évêque de Noyon et de Tournay. Il avait un frère jumeau nommé Godard ou Gildard qui fut évêque de Rouen. Ces deux frères furent ordonnés prêtres et sacrés le même jour et tous deux moururent le même jour, le 8 juin 547. Voici un trait de la vie de St-Médard que l'on voit représenté sur l'un des panneaux de la Châsse qui se trouve à l'église.

Un pauvre homme ayant perdu son cheval en route, revenait attristé portant sur ses épaules la selle et les étriers. Touché de son chagrin, le jeune Médard qui conduisait à l'abreuvoir les chevaux de son père, lui dit d'en prendre un, n'importe lequel. Dieu lui fit connaître aussitôt que cette action lui était agréable; car une grosse pluie étant survenue, un aigle vint au-dessus de la tête. Le même historien, St Fortunat, qui rapporte ce fait, nous dit également qu'à la mort de St Médard, il survint une pluie chaude et abondante. Peut-être, ajoute St Fortunat, quand mourut St Médard, la terre asséchée, avait-elle besoin de pluie; aussi les peuples reconnaissants, voyant en ce fait, une attestation du saint et une marque de sa protection, continuèrent à recourir à St Médard pour obtenir la pluie.

patrimoine-statue-en-bois-polychrome-de-st-medard-2L'entrée primitive de l'église était du côté gauche de l'édifice; cette ancienne porte est aujourd'hui condamnée mais toujours surmontée de la statue antique de St Médard aussi souriant qu'à l'époque de ce vieux conte populaire : "C'était au temps lointain où ceux qui allaient implorer les faveurs du bon saint, déposaient leurs offrandes sur l'autel. Un jour, un fidèle, après avoir récité ses prières, tenté parles nombreux deniers qui se trouvaient aux pieds de St-Médard, en prit un furtivement tout en regardant la statue qui semblait lui sourire plus fort que de coutume; y voyant sans doute une adhésion du Saint, le bonhomme s'écria "Ah! te ris St Médard ! eh bé ! Je m'vas co printe on patard." Et empochant une seconde pièce de monnaie, notre quidam fit la révérence au bon saint et quitta le temple."

Aujourd'hui encore, en passant près de la vieille statue,bien rares sont les Jodoignois qui ne répètent point instinctivement la phrase légendaire lorsqu'ils contemplent la noble et belle prestance de notre bienheureux patron.

A l'époque de cette première entrée, le jubé de forme rectangulaire, occupait l'espace compris entre les deux piliers de la grande nef et descendait jusqu'au sol. L'église était alors surveillée jour et nuit par un gardien dont la loge était du côté gauche du jubé. Une corde attachée à la petite cloche dite de St Martin, passait au-dessus du jubé sur une poulie et aboutissait dans la loge et servait au gardien pour sonner l'alarme en cas d'incendie.

A la droite du jubé se trouvait le baptistère. Le jubé fut transformé en 1822; en 1837, un nouvel orgue y fut placé; il remplaça celui qui avait été construit par le nommé Wauters en 1715.

En 1929, un nouvel orgue fut installé et fut inauguré en septembre; il a coûté 110.000 francs et sa soufflerie fonctionne à l'électricité.

En 1822, le baptistère fut également déplacé et mis dans la nef latérale de droite. Le vase en marbre qui s'y trouve fut acquis par la Fabrique de l'Eglise à la vente publique des vieux meubles du Château de la Comté. Cet objet d'une sculpture remarquable se trouvait jadis dans une salle de bains du château du Comte de Romrée.

Le bénitier en marbre, adossé au pilier de droite, à l'entrée de l'église, provient aussi du Comte de Romrée; il fut offert à la Fabrique; en 1862, par la famille Pastur.

En 1822, le Marquis Ferdinand d'Yve de Bavais offrit à l'église quatre colonnes provenant d'un temple grec qui se trouvait dans le parc du Château de la Comté. Ces colonnes servirent à construire un porche à la nouvelle entrée de l'église, mais la Commission royale des monuments en demanda la suppression en 1878 vu que cette construction dépareillait le cachet architectural de l'église.

La tour de l'église qui a une hauteur de 47 mètres renferme trois cloches. La grosse cloche qui date de la construction du temple, a été refondue en 1673, en effet son inscription nous dit :"Je fus refondue en 1763 par Joseph et Jean Flumec; maître Gérard de Somzée étant curé de St-Médard." Sur la seconde cloche, on trouve l'inscription suivante: "Lors de ma bénédiction, je fus nommée Ferdinande-Charlotte. Je fus fondue par P.Thouvenel et N. Habert en l'an 1812. Sous les auspices de M. André Joseph Baugniet, curé et doyen et M. Charles Collin, maire de cette ville; j'eus pour parrain M. Ferdinand d'Yve de Bavay de Jodoigne et pour marraine Mme Charlotte-Joseph Antoinette Vandermeere,douairière de Villers." La troisième cloche fut offerte, en 1925, par M. Joseph Debienne, doyen et par Mr Max Pastur; elle porte comme inscription : "Lors du XXVe anniversaire de prêtrise du Doyen, Joseph Debienne, je fus fondue par F. Van Aerschoot, le 8 septembre 1925. Je m'appelle Marie-Christiane. J'eus pour parrain Louis Debienne et pour marraine Christiane Pastur.

"Depuis le début du XVIIe siècle, lors donc de sa reconstruction, l'intérieur de l'église a subi de nombreuses transformations qui en détériorèrent complètement le caractère ogival. Malgré cela, grâce aux magnifiques boiseries du XVIIIe siècle qui tapissent le choeur, elle présente, vue de l'entrée, un coup d'oeil imposant. Ces boiseries où sont représentées en relief, dans des médaillons, les quatre évangélistes St Jean, St Luc, St Marc et St Mathieu, furent exécutées en 1745 par l'auteur dumaître autel. Il fut aidé dans son travail par Charles Fleurquin de Jodoigne Quant à la partie inférieure du maître autel qui est en marbre et d'une belle sculpture, elle a été faite à Fontaine l'Evêque.

L'ancien banc de communion qui date de 1763, a été confectionné d'après la décision que voici : "Messieurs les Magistrats de cette ville à l'intervention du Rd Pasteur Melchior Thomas, mambour des églises, du consentement de Messire Ferdinand de Romrée de Jodoigne, assemblés à l'Hôtel de Ville, ont convenu avec le Sr Nicolas Bonnet, maître menuisier en la ville de Nivelles, au sujet d'un nouveau banc de communion à faire au choeur de l'église paroissiale de St-Médard en la forme et manières suivantes :

1° que l'entrepreneur sera obligé de livrer la boiserie ainsi que les balustres en bois de chêne sec et vif conformément au plan formé à ce sujet;
2° que tous les assemblages devront être d'un pouce et demi d'épaisseur et les panneaux d'un pouce;
3° quant aux sculptures, il devra se conformer au plan délivré. Moyennant quoi, le mambour de la dite église payera à l'entrepreneur 1.000 florins présentement coursables dans le Duché de Brabant conformément aux placards de sa Majesté.

Fait et accepté à la maison de Ville de Jodoigne le 11 mars 1761."

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Ce travail ayant été terminé en 1763, il fut soumis avant payement à une expertise dont voici le procès-verbal :
"Le 12 septembre 1763, le nommé Simon Charlot, géomètre architecte, en présence du Rd Pasteur de cette ville et du Magistrat, a confronté le plan de la dite boiserie du banc de communion faite par Maître Nicolas Bonnet de Nivelles et l'a trouvée conforme aux articles des conditions énumérées ci-dessus. En foi de quoi il a signé cette, die ut supra.

" La splendide chaire de vérité qui retenait l'admiration de tous ceux qui visitaient le temple, est due aux frères Goyers de Louvain. Ce véritable chef d'oeuvre de sculpture avait en 1862, obtenu le prix d'honneur de l'exposition universelle de Londres.

En 1863, la Fabrique de l'Eglise St- Médard en fit l'acquisition pour la somme de onze mille francs.

Ce monument artistique, complètement en chêne, était remarquable par la richesse et la délicatesse de son ornementation. Les rampes de l'escalier qui sont à jour, portent à gauche, les statues de St Joseph et de St Médard; à droite, celles de St François et de St Corneille. La tribune comprend quatre panneaux où sont représentées en bas-relief les scènes bibliques du Mariage de la Vierge, de l'Annonciation, de la Visite de la Vierge à Ste Elisabeth et de la Fuite en Egypte.

Cette chaire fut enlevée lors des derniers travaux de restauration.

On remarque actuellement dans les différentes parties du temple, une série de tableaux parmi lesquels nous citerons celui du choeur, à gauche, qui représente une extase de Ste Thérèse où cette sainte soutenue par un ange, reçoit la couronne que lui offre le Sauveur et celui de droite qui représente Ste Hélène recevant une croix du Pape en présence des cardinaux. Ces tableaux sont de Quellin. 17e siècle.

Aux deux côtés de l'entrée du choeur on voit des volets peints sur bois. L'un montre le Sauveur sortant de Jérusalem et portant sa croix; l'autre, le corps du Sauveur est porté au tombeau par les disciples et les saintes femmes. "Sur ce dernier se trouve un groupe de personnes dont plusieurs figures paraissent assez gracieuses." Ces deux volets ont été remis en bon état, en 1841, par Mr Dagneau fils, de Jodoigne.

La chapelle Notre-Dame du Marché

Ce temple fut construit en 1351 et consacré à la Vierge en 1353. Il était appelé primitivement "Chapelle des Clercs" en souvenir des conciles que les prêtres du doyenné y avaient tenus dès son origine. En 1666, son nom change et on l'appelle "Chapelle de la Ville " ou bien encore "Chapelle Notre-Dame". Aujourd'hui, dans le langage courant, nous le nommons "La Chapelle" tout court ou bien " La Chapelle du Marché" dénomination qui rappelle bien son origine : oratoire élevé sur le marché de la ville naissante. Le peu de développement de celle-ci, n'a permis à la Chapelle de devenir église paroissiale, la ville a continué à ressortir à l'église St-Médard et la Chapelle est toujours restée une simple dépendance de celle-ci.

patromine-chapelle-notre-dame-du-marche-statue-copieEn 1608, il fut établi dans ce temple, par le père André Heynfus, alors provincial de l'Ordre St-Dominique, avec le consentement de l'évêque de Namur et à l'instance du curé Stassoul de St-Médard et du Magistrat de Jodoigne, une confrérie du Rosaire.

"Sur les deux côtés du choeur, se trouve un petit autel dont l'un est dédié à St Roch et l'autre la Vierge, patronne du temple. C'est à propos de cette confrérie, que le maître autel fut orné d'un grand tableau qui rappelle les quinze mystères du Rosaire peints dans les petits médaillons entourant celui du centre. Dans ce dernier " on voit la Vierge et l'Enfant-Jésus. Celui-ci distribue des chapelets à des saints parmi lesquels on remarque St Dominique. La Vierge donne une croix à des saints à genoux. Des anges figurent dans le haut et dans les coins du tableau. Celui-ci date du XVIIIe siècle.

patrimoine-chapelle-notre-dame-du-marche-portail-copieCes autels doivent certainement être aussi anciens que les boiseries et les confessionnaux de l'église lesquels datent de 1765. Le plafond en style Renaissance a été fait en 1764.

Au début du XXème siècle, le temple s'est orné d'un chemin de la Croix dont les tableaux furent offerts par les paroissiens sur les instances du vicaire Van Roye officiant de la Chapelle.

patrimoine-chapelle-notre-dame-du-marche-portail-copieAu début du XXème siècle, le temple s'est orné d'un chemin de la Croix dont les tableaux furent offerts par les paroissiens sur les instances du vicaire Van Roye officiant de la Chapelle.

L'orgue qui se trouvait au jubé a disparu vers 1868-69; il avait remplacé le premier construit en 1719 par le Sr Jean Wauters pour la somme de 880 florins.

Dans la nef, en face du choeur, se trouve le cénotaphe en calcaire bleuâtre du Comte Winand de Glymes, ancien seigneur de Jodoigne et de son épouse Michelle de Yedeghem, comtesse de Glimes.

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Sur la dalle de ce monument, ces deux seigneurs sont gisants; les yeux fermés et les mains jointes. Le comte a revêtu son armure; ses gantelets et son casque sont placés près de sa tête et un lion est couché à ses pieds. Aux pieds de la Comtesse se trouve un chien.

Les quatre faces du cénotaphe sont ornées de dix écussons aux armoiries de ces deux anciennes familles.

patromine-chapelle-notre-dame-du-marche-blason-glymesSur le contour du bord supérieur on lit cette inscription : "Ici gisent très nobles et très illustres messire Winand Comte de Glimes et de Hollebeke et du Saint-Empire, vicomte et seigneur de la ville de Jodoigne, vicomte de Nerderme, seigneur de Meteren, de Moorbeke en Habsbourg, Jodoigne la Souveraine , Bonneffe, etc.; lequel mourut le 8 septembre 1668.- Et très noble et très illustre Dame Madame Michelle de Yedeghem, comtesse de Glimes, son épouse, dame de Booste, etc., laquelle mourut le 31 mars 1671. Priez Dieu pour leurs âmes.

"En 1812, le comte Henri Nicolas de Glimes, père, étant venu à mourir, son inhumation ne put se faire dans le caveau de la Chapelle , attendu que le décret du 28 prairial an XII (17 juin 1804) avait interdit les sépultures dans les églises. La famillede Glimes fit construire un caveau dans le cimetière de St-Médard, derrière l'abside de l'église, où le monument de la Chapelle fut alors transporté. En 1886, après la fermeture du cimetière de St-Médard, le cénotaphe revint à la Chapelle. Pour l'y réinstaller, on enleva la dalle tumulaire du comte Jean Dominique de Glimes qui recouvrait l'entrée du caveau. Cette dalle fut remise à sa vieille place dans le choeur; voici son inscription mais aucune date n'y est mentionnée : « Ici gît, très noble et très illustre seigneur Jean Dominique comte de Glimes, fils du très noble ettrès illustre seigneur messire Winand Comte de Glimes et de Hollebeke, du St-Empire romain, vicomte et seigneur de la ville de Jodoigne, seigneur de Wingard et de Elbelghem, Neleval, neuf ville, franquinie, Withoven, Metteren, Durmont, Biest, Bonneffe, Logueren, etc; et de la très noble et très illustre Dame Madame Michelle Dyedegen, Dame de Bort, Furnes, etc.; fille de très noble et illustre seigneur Dyedegen, comte de Watout, Baron de Bousbeke, etc.; R.I.P. »

On remarque encore dans l'église, près de la chaire de vérité une pierre sépulcrale, portant cette inscription.

patromine-chapelle-notre-dame-du-marche-pierre-lescaile« Familive De l'Escaille Hic jacent S'Henricus de l'Escaille de functus 9 aprilis 1718 oetutis suae 83 et D. Joanna Delvaux cuis coniux quae Decessit 4 aprilis 1721 actatis 62. R.I.P. Ponebant Arnoldus, Josephus et Phlippus, Henricus, Eorum. Filiï » Traduction : « Famille De l'Escaille Ici reposent M.Henri Delescaille décédé le 9 avril 1718 dans sa 83ème année et Mme Jeanne Delvaux son épouse qui mourut le 4 avril 1721 à l'âge de 62 ans.

Par les soins d'Arnoul, Joseph et Philippe-Henri leurs fils. « Le clocher de la Chapelle présente un fait curieux et particulier dans la structure de sa flèche : celle-ci est tordue et ses arêtes sont en forme d'hélice. Cette anomalie de construction assez rare et même bizarre à première vue, a été faite, paraît-il, par l'architecte afin de vaincre plus aisément la résistance du vent, vu que l'altitude de cette église est de 78 et que son clocher a une hauteur de 54 mètres.

Sur l'horloge qui se trouve au troisième étage, nous avons relevé le chonogramme latin suivant : CONDITUMEUIACHRISTIANOLION. Ce qui nous indique que cette horloge "fut fabriquée par Chrétien Lion en 1765." Ce n'est pas la première horloge de la Chapelle , car nous avons trouvé aux archives que « la ville en 1725, avait fait venir un horloger de Wavre pour réparer l'horloge de la Chapelle.

 

horloge"En 1922, l'horloge de Chrétien Lion fonctionnant très irrégulièrement par suite de l'usure du mécanisme, fut remplacée par une horloge mue au moyen de l'électricité. Elle fut fournie par Mr Michiels de Malines pour la somme de 10.000 francs. Elle fut mise en activité le 16 septembre. Seule, des deux cloches de cette église, la grosse porte une inscription qui est ainsi conçue : « Je m'appelle Marie, fondue en 1670.- Je fus refondue en 1835, Mr l.j.c. Baquet étant curé de Jodoigne- Andreius. Lucovicus Van Aerschot-Vandengheym me fondit. Louvain anno 1835 - J'eus pour Parrain Monsieur A.S. Bouvier, bourgmestre de Jodoigne- Pour Marraine, Anne Joséphine de Brabant épouse de Mr A. Bouqueau, membre du conseil de fabrique. »

 

Il est à constater toutefois que cette inscription ne fait pas mention de la refonte de 1757. En effet les archives communales nous disent que le 1er juin de cette dernière année, la grosse cloche de Notre Dame fut refondue sur la Grand'Place par Mr Nicolas Chèvreson, maître fondeur de cloches à Mons. Pour cette refonte, un long contrat fut passé entre la Ville et Chèvreson; nous en extrayons les quelques clauses suivantes :

  • «1. La Ville fournira les briques pour le fourneau et généralement tout ce qui convient pour fondre la dite cloche.
  • 2. La cloche devra être fondue sur le marché de cette ville.
  • 3. Les membres du Magistrat devront être présents à la voir briser et mettre tous les matériaux dans le fourneau après que tout aura été pesé en leur présence.
  • 4. Laquelle cloche étant achevée sera sujette à visitation par des maîtres experts pour juger si elle est d'accord avec les autres; bonne et sans défaut; après quoi il lui sera payé trente écus.
  • 5. Le comparant sera obligé de faire la dite cloche deux ans bonne; si elle venait à se casser pendant ce temps, il sera obligé, à ses frais seuls de la refondre, pourvu que cela ne provienne pas de la faute de ceux qui l'auront sonnée. »
  • Pendant la tourmente du régime de la Terreur (du 31 mai 1793 au 2 juillet 1794), les cloches des églises furent enlevées; quelques unes de Jodoigne subirent le sort commun. Mais lorsque celles de la Chapelle furent descendues du clocher, la grosse "Marie" fut, la nuit secrètement enlevée et enfouie dans les champs à la bifurcation -aujourd'hui- des deux chemins qui conduisent de Jodoigne (Greenbay) ) Molembais St-Josse. C'est depuis lors que ce champ porte le nom de "Terre à l'cloque".

Deux cloches de St-Lambert -à cette époque il y en avait trois- furent mises en sûreté dans l'ancien jardin d'Isidore Noël (actuellement les deux premiers jardins du Piroi-vicinal); la troisième cloche fut jetée dans le "Bî".
Les agents de la révolution saisirent les petites cloches de la Chapelle et de St-Médard ainsi que la cloche dite de St Martin de cette dernière église - 13 brumaire an II (3 novembre 1793).- Le 9 nivôse an XII (31 décembre 1803) le conseil municipal fit replacer une petite cloche à la Chapelle. Cette cloche devait particulièrement servir à sonner "La retraite", l'heure fixée par les arrêtés municipaux et qui signifiaient aux cabaretiers la fermeture de leur établissement. Délaissée par ses paroissiens au profit de l'église décanale Saint-Médard, la Chapelle du Marché a subi les assaults du temps et de l'humidité. Depuis cette année, une rénovation et des transformations de la Chapelle en salle culturelle tout en conservant le caractère cultuel du lieu ont été réalisées.

Le château de Glimes ou Cense de l'hôtel...

patrimoine-chateau-de-glimes-copieLe château s'élève à quelques mètres à l'ouest de la chaussée de Tirlemont à Charleroi.

Il se compose de bâtiments dessinant à peu près un quadrilatère et dont une partie constituait la ferme et l'autre le manoir proprement dit. Ce dernier consiste en deux bâtiments disposés de manière à former un angle droit et n'ayant qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée. La façade principale fait face à l'est; elle développe sept fenêtres de front, dont les trois du milieu sont comprises entre deux pilastres formant une légère saillie d'avant corps.

Devant la toiture qui portent des girouettes en forme de tête de sanglier, est placé un fronton triangulaire renfermant des écussons et des inscriptions. L'aile vers le sud présente plusieurs tours de forme cylindrique. Un jardin auquel on monte de la cour du château par un escalier de plusieurs marches s'étend jusqu'à la route; vers l'ouest se prolongent de vastes promenades dont la Ghète baigne le pied. On y remarque un étang, sous lequel existent encore, à ce que l'on prétend, les ruines d'un château plus ancien.

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En 1872, le château était habité par Eugénie de Glimes. Cette dernière ayant épousé le baron Wenceslas de Traux de Wardin, la demeure passa des Glimes au Traux de Wardin. Leur fils Gaston, époux d'une Comtesse van de Woestijne mourut en 1919 et laissa le château à son fils Henri qui épousa Gertrude della Faille d'Huysse.

Henri de Traux fut ministre plénipotentiaire et secrétaire de la Reine Elisabeth. A sa mort en 1968, le château fut dévolu à Jean-Albert de Traux de Wardin, époux de Louise Corner de Ways-Ruart, qui est le père de l'actuel habitant du château le baron Bernard de Traux.

Les "de Jodoigne"...

Au treizième siècle nous voyons commencer à Jodoigne une famille qui portait le nom de Jodoigne et qui doit avoir été alliée, par un côté que nous ne saurions préciser, à la race ducale de Brabant, car l'un de ses membres, nommé Arnoul , participa au traité d'alliance que les bâtards de Brabant conclurent à Tervueren pour leur défense mutuelle, en 1403. L'écusson des Jodoigne offrait une autre preuve de cette origine.

Quelques "de Jodoigne" célèbres ...

Simon de Jodoigne était chanoine de Saint-Pierre de Louvain en 1266.

Abraham de Jodoigne se distingua à la bataille Woeringen (vers 1280). A la même époque vécut Walter dit de Jodoigne-Souveraine, qui est cité parmi les vassaux de la dame de Dongelberg en 1277, et peu de temps après, en 1294, le duc de Brabant Jean II comptait parmi ses feudataires (titulaire d'un fief, vassal) Walter de Jodoigne l'Arbalétrier. Un petit-fils de Walter l'Arbalétrier vendit son fief à Jacques de Glimes dit de Jodoigne-Souveraine. Avec ce dernier commence une lignée qui a possédé jusqu'à ce jour le plus beau domaine du village.

Engelbert de Jodoigne servit longtemps la maison de Bourgogne. Après la prise et la mise à sac de Liège par Charles le Téméraire, il fut chargé, avec le seigneur de Hamal et en l'absence du sire de Humbercourt, de lever les amendes imposées aux habitants de Liège. Il fut ensuite bailli de Jodoigne, de 1470 à 1481; mais du temps de Maximilien d'Autriche, il se prononça contre ce prince et, en 1488-1489, il fut l'un des capitaines à qui Philippe de Clèves confia la garde de la ville de Tirlemont et du pays environnant. Avec lui s'éteignit la famille de Jodoigne. Sa fille unique Jeanne vendit la propriété qu'elle possédait à Jodoigne (la Vicomté) aux de Glimes. Elle n'eut que des filles.

Les "de Glimes..."

Les de Glimes marquèrent la vie locale tout au long de l'histoire. Quelques uns plus que d'autres...

Jacques de Glimes, fils de Guillaume de Glimes dit de Jodoigne, fut nommé, le 21 avril 1464, bailli de Jodoigne, en remplacement de son fils qui était parti à la croisade, et remplit ces fonctions jusque en 1466. Pendant la guerre contre les Liégeois, il combattit dans l'armée commandée par Mr de Nassau, avec cinq chevaux. Il mourut en 1482 laissant un grand nombre d'enfant nés de Sybille de Daelhem.

Son fils, Jacques de Glimes, le Jeune, hérita de la plupart des fiefs de son père. Nommé bailli de Jodoigne le 12 mars 1461-1462, en remplacement de Wallter de Dongelberg, il abandonna momentanément cet emploi pour aller guerroyer contre les Turcs. Il la reprit en 1466, et fut ensuite bailli de Nivelles et du Brabant Wallon, depuis le 8 octobre 1470 jusqu'au 1er février 1498. Dans un accès de colère contre quelques uns de ses officiers, qu'il accusait d'avoir négligé de réunir des chariots et de les lui envoyer, Charles le Téméraire fit emprisonner Jacques de Glimes, que Beaudouin Henry remplaça du 27 juillet 1474 à la fête de Noël 1475.

Jacques de Glimes, son petit-fils, participa à l'aventure troublée du seizième siècle, les "Guerres de Religion" et d'indépendance des Pays-Bas hollandais. Il joua même un rôle important dans la lutte entre Charles Quint et Guillaume d'Orange. Jacques de Glimes se prononça énergiquement contre le le gouvernement espagnol après la mort du commandeur de Requesens, et fut choisi par Guillaume de Hornes pour commander avec lui l'infanterie que les Etats de Brabant l'avaient chargé de lever. Peu après, il entra dans Bruxelles à la tête de 300 mousquetaires. Entraîné par la situation, il posa un acte décisif en arrêtant les membres du conseil d'Etat, dépositaires de l'autorité royale, le 4 septembre 1576. Mais le malheureux combat de Viessenaeken, où il fut complètement défait par les Espagnols, mit fin à la faveur dont il jouissait auprès du peuple. Bientôt on le suspecta de pencher pour la cause du souverain, et, en effet, il se rallia au prince de Parme, qui le chargea du commandement de la ville de Nivelles. Assiégé et pris dans cette ville, en 1580, il fut remplacé comme bailli par Guillaume de Hertoghe, seigneur d'Orsmaal. Mais Nivelles ne tarda pas à être reprise. Jacques de Glimes, mis en liberté, se vit rétabli dans ses fonctions. Peu de temps après, il hérita de la seigneurie de Wastine et de la Vicomté de Jodoigne (21 février 1585).

Les de Glimes rendirent plus d'un service à la monarchie espagnole. A la fin de 1638, la garnison hollandaise de Maestricht ayant essayé de prendre Jodoigne par escalade, ce furent encore les deux de Glimes - Winand et Jean, qui armèrent les bourgeois, et à leur tête, repoussèrent l'ennemi. De cette époque date l’apogée de la fortune des de Glimes: Winand, le chef de la famille, fut à la fois comblé d'honneurs et de biens. L'empereur Ferdinand III, par lettres datées du 22 décembre 1643, le créa, lui et tous ses héritiers des deux sexes, comte de Glimes, de Hollebeke et du Saint-Empire, en considération des services que ses ancêtres avaient rendus à la maison d'Autriche. A ses domaines héréditaires de Jodoigne, Winand joignit la haute, moyenne et basse justice de cette ville, de même que celles de trois villages voisins: Geest-Saint-Jean, Molembai-Saint-Pierre et Enines. Il accrut considérablement sa seigneurie de Jodoigne-Souveraine en achetant de nombreuses terres. Afin de maintenir intacte la fortune patrimoniale de leur lignée, Winand de Glimes et Michelle d'Yedeghem, fille du comte de Watou, instituèrent par leur testament les conditions de session de leurs domaines. Mais à peine les deux époux étaient-ils descendus dans leur tombe qui leur fut élevée à Saint-Médard de Jodoigne (Winand mourut le 8 septembre 1668 et Michelle le 31 mai 1671) que toute cette splendeur s'obscurcit.

Des héritiers non mâles, des disputes, des procès ruinèrent rapidement la famille...

 

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Jodoigne - Souveraine

jodoigne-souveraine-carte-postaleLe nom de Jodoigne-Souveraine, sur lequel on a basé plus d'une étymologie hasardée, dérive uniquement de la situation du village en amont du bourg de Jodoigne.C'est Jodoigne supérieure.Pendant la domination française, Jodoigne-Souveraine échangea son ancienne dénomination, qui sonnait mal à des oreilles républicaines, contre celle de Jodoigne-la-Libre.Le commune de Jodoigne-Souveraine est limitrophe de celles de Jodoigne, Huppaye, Jauchelette, Dongelberg et Lathuy.Jodoigne-Souveraine compte plusieurs sections ou hameaux: Jodoigne-Souveraine, Mont-St-Pierre, Orbais, la Bruyère et le Petit Brocuy.Il existait, début du siècle, deux moulins à farine mus par la Grande Ghète : le Moulin de la Batterie ou Moulin Vandenbrouck et le moulin Conard. Jodoigne-Souveraine comptait également une brasserie.

La partie la plus anciennement habitée de Jodoigne-Souveraine occupait, autant que l'on peut en déduire, le long de l'actuelle chaussée de Charleroi à Tirlemont. Il se trouvait là des tombelles ou tumulus romains.Au moyen âge, Jodoigne-Souveraine ou Haut-Jodoigne formait une paroisse divisée, sous le rapport civil, en deux parties: l'une, où le duc de Brabant avait la juridiction, l'autre, beaucoup plus considérable, où cette dernière appartenait aux sires de Jauche. Le chapitre de Saint-Pierre, de Liège, y possédait un domaine considérable, dont le souvenir est conservé par le nom que portent le hameau de Mont-St-Pierre et le bois et le ruisseau Saint-Pierre. Il y avait en outre, plusieurs seigneuries censales (le cens = redevance fixe que le possesseur d'une terre payait au seigneur du fief), dont deux étaient possédées par des familles longtemps hostiles l'une à l'autre. Cette lutte qui se prolongea jusqu'aux premières années du XVe siècle, influa considérablement sur les destinées du village.

Jodoigne-Souveraine souffrit des guerres de religion, pendant lesquelles il fut complètement abandonné par la population. En 1635, l 'église fut brûlée par l'armée française qui la même année, saccagea Tirlemont et assiégea sans succès Louvain. Le 2 juillet 1668 la peste commença à sévir à Jodoigne-Souveraine. Le village fut cruellement rançonné par les troupes de Louis XIV. Le village fut incendié lorsque Boufflers (Louis François, duc de Boufflers, maréchal de France sous Louis XIV, dans le Beauvaisis, 1644-Paris, 1711) Il permit la retraite de l'armée française après la défaite de Malplaquet(1709).) campa avec une petite armée à un quart de lieue de là, près de Jodoigne (en 1690); les habitants, après avoir réparé leurs maisons, les virent incendier une deuxième fois, en 1693, par les Français campés à Beauvechain, qui pillèrent à plusieures reprises l'église et en emportèrent les ornements, de même qu'ils enlevèrent aux habitants leurs grains et leurs bestiaux.

Le dix-huitième siècle fut une ère réparatrice et le village s'accrut considérablement, surtout pendant la seconde moitié de cette période. Profitant de l'édit pour la mise en culture et la vente des terrains vagues, les maire et échevins de Jodoigne-Souveraine exposèrent en vente ou donnèrent à ferme, en 1776, en 1779 et en 1782, toutes celles qui se trouvaient dans le village. Ces aliénations eurent pour résultat le morcellement et la mise en culture d'une partie du sol de la localité. La vocation du village a été et est encore principalement agricole. Vers 1816-1821, les experts du cadastre avaient constaté que les meilleures emblavures étaient soumises à un assolement sexennal. La première année, 1/2 en orge d'hiver et 1/2 en froment, la 2e année, le tout en seigle; la 3e, en trèfle; la 4e, en froment; la 5e en avoine et la 6e ,1/2 en pois et féveroles et 1/2 en jachère. Les terres les plus médiocres connaissaient une rotation triennale.

Pendant la période française, Jodoigne-Souveraine échangea son ancienne dénomination, qui sonnait mal à des oreilles républicaines, contre celle de Jodoigne-la-Libre.

L'église de Jodoigne-Souveraine

L'église de Jodoigne-Souveraine qui est placée sous l'invocation de l'Assomption de la Vierge, était une église entière. Elle a constamment fait partie du doyenné de Jodoigne. Après le concordat (traité entre le Saint-Siège et un état), on y annexa la paroisse de Lathuy, qui depuis est devenue une succursale distincte.
L'église de Jodoigne-Souveraine a souffert de l'invasion franco-hollandaise en l'an 1635. Déjà en 1632, des réparations y étaient devenues urgentes: les fenêtres étaient endommagées, le toit de la tour également. Il fallut intervenir auprès de l'évêché de Namur pour que l'Abbaye d'Heylissem consentît à supporter sa part des dépenses.
A force de réparations précaires, l'église primitive fut démolie, et sa reconstruction fut décidée, les travaux commencèrent en 1769. De ce temps date l'église actuelle. Le portait est en pierres blanches, les maçonneries sont en briques avec anglées et encadrements des fenêtres en pierres blanches de Gobertange. Le plafond est en cintre surbaissé et porte la date 1840. Le maître-autel est dédié au Saint-Sacrement, tandis que l'autel de droite l'est à Saint-Pierre et celui de gauche à Notre-Dame du Rosaire..

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