La
Chapelle Notre-Dame du Marché...
Ce temple fut construit en 1351 et consacré à la Vierge
en 1353. Il était appelé primitivement "Chapelle
des Clercs" en souvenir des conciles que les prêtres du
doyenné y avaient tenus dès son origine.
En 1666, son
nom change et on l'appelle "Chapelle de la Ville " ou bien
encore "Chapelle Notre-Dame". Aujourd'hui, dans le langage
courant, nous le nommons "La Chapelle" tout
court ou bien " La Chapelle du Marché" dénomination
qui rappelle bien son origine : oratoire élevé sur le
marché de la ville naissante. Le peu de développement de celle-ci, n'a permis à la
Chapelle de devenir église paroissiale, la ville a continué à ressortir à l'église
St-Médard et la Chapelle est toujours restée une simple
dépendance de celle-ci.
Vue panoramique de l'intérieur de la Chapelle
En 1608, il fut établi dans ce temple, par le père
André Heynfus, alors provincial de l'Ordre St-Dominique, avec
le consentement de l'évêque de Namur et à l'instance
du curé Stassoul de St-Médard et du Magistrat de Jodoigne,
une confrérie du Rosaire. C'est à propos de cette confrérie,
que le maître autel fut orné d'un grand tableau qui rappelle
les quinze mystères du Rosaire peints dans les petits médaillons
entourant celui du centre. Dans ce dernier " on voit la Vierge
et l'Enfant-Jésus. Celui-ci distribue des chapelets à des
saints parmi lesquels on remarque St Dominique. La Vierge donne une
croix à des saints à genoux. Des anges figurent dans
le haut et dans les coins du tableau. Celui-ci date du XVIIIe siècle."
Sur les deux côtés du choeur, se trouve un petit autel
dont l'un est dédié à St Roch et l'autre la Vierge,
patronne du temple. Ces autels doivent certainement être aussi
anciens que les boiseries et les confessionnaux de l'église
lesquels datent de 1765. Le plafond en style Renaissance a été fait
en 1764.
Au début du XXème siècle, le temple
s'est orné d'un
chemin de la Croix dont les tableaux furent offerts par les paroissiens
sur les instances du vicaire Van Roye officiant de la Chapelle. L'orgue
qui se trouvait au jubé a disparu vers 1868-69; il avait remplacé le
premier construit en 1719 par le Sr Jean Wauters pour la somme de 880
florins.

Dans
la nef, en face du choeur, se trouve le cénotaphe en
calcaire bleuâtre du Comte Winand de Glymes, ancien seigneur
de Jodoigne et de son épouse Michelle de Yedeghem, comtesse
de Glimes.
Sur la dalle de ce monument, ces deux seigneurs
sont gisants; les yeux fermés et les mains jointes. Le comte a revêtu son
armure; ses gantelets et son casque sont placés près
de sa tête et un lion est couché à ses pieds. Aux
pieds de la Comtesse se trouve un chien.
Les quatre faces du cénotaphe sont ornées de dix écussons
aux armoiries de ces deux anciennes familles.
Sur le contour du bord supérieur on lit cette inscription
: "Ici gisent très nobles et très illustres messire
Winand Comte de Glimes et de Hollebeke et du Saint-Empire, vicomte
et seigneur de la ville de Jodoigne, vicomte de Nerderme, seigneur
de Meteren, de Moorbeke en Habsbourg, Jodoigne la Souveraine , Bonneffe,
etc.; lequel mourut le 8 septembre 1668.- Et très noble et très
illustre Dame Madame Michelle de Yedeghem, comtesse de Glimes, son épouse,
dame de Booste, etc., laquelle mourut le 31 mars 1671. Priez Dieu pour
leurs âmes."
En 1812, le comte Henri Nicolas de
Glimes, père, étant
venu à mourir, son inhumation ne put se faire dans le caveau
de la Chapelle , attendu que le décret du 28 prairial an XII
(17 juin 1804) avait interdit les sépultures dans les églises.
La famillede Glimes fit construire un caveau dans le cimetière
de St-Médard, derrière l'abside de l'église, où le
monument de la Chapelle fut alors transporté.
En 1886, après la fermeture
du cimetière de St-Médard,
le cénotaphe revint à la Chapelle. Pour l'y réinstaller,
on enleva la dalle tumulaire du comte Jean Dominique de Glimes qui
recouvrait l'entrée du caveau. Cette dalle fut remise à sa
vieille place dans le choeur; voici son inscription mais aucune date
n'y est mentionnée : « Ici gît, très
noble et très illustre seigneur Jean Dominique comte de Glimes,
fils du très noble ettrès illustre seigneur messire
Winand Comte de Glimes et de Hollebeke, du St-Empire romain, vicomte
et
seigneur de la ville de Jodoigne, seigneur de Wingard et de Elbelghem,
Neleval, neuf ville, franquinie, Withoven, Metteren, Durmont, Biest,
Bonneffe, Logueren, etc; et de la très noble et très
illustre Dame Madame Michelle Dyedegen, Dame de Bort, Furnes, etc.;
fille de très noble et illustre seigneur Dyedegen, comte de
Watout, Baron de Bousbeke, etc.; R.I.P. »
On remarque encore dans l'église, près de la chaire
de vérité une pierre sépulcrale, portant cette
inscription.
« Familive De l'Escaille
Hic jacent S'Henricus de l'Escaille
de functus 9 aprilis 1718 oetutis suae 83 et D. Joanna Delvaux cuis
coniux quae Decessit 4 aprilis 1721 actatis 62.
R.I.P.
Ponebant Arnoldus, Josephus et Phlippus, Henricus, Eorum. Filiï »
Traduction :
« Famille De l'Escaille
Ici reposent M.Henri Delescaille décédé le
9 avril 1718 dans sa 83ème année et Mme Jeanne Delvaux
son épouse
qui mourut le 4 avril 1721 à l'âge de 62 ans.
Par les soins d'Arnoul, Joseph et
Philippe-Henri leurs fils. «
Le clocher de la Chapelle présente un fait curieux et particulier
dans la structure de sa flèche : celle-ci est tordue et ses
arêtes sont en forme d'hélice. Cette anomalie de construction
assez rare et même bizarre à première vue, a été faite,
paraît-il, par l'architecte afin de vaincre plus aisément
la résistance du vent, vu que l'altitude de cette église
est de 78 et que son clocher a une hauteur de 54 mètres.
Sur l'horloge qui se trouve au troisième étage, nous
avons relevé le chonogramme latin suivant :
CONDITUMEUIACHRISTIANOLION.
Ce qui nous indique que cette horloge "fut fabriquée
par Chrétien Lion en 1765."
Ce n'est pas la première horloge
de la Chapelle , car nous avons trouvé aux archives que « la
ville en 1725, avait fait venir un horloger de Wavre pour réparer
l'horloge de la Chapelle."
En 1922, l'horloge de Chrétien
Lion fonctionnant très
irrégulièrement par suite de l'usure du mécanisme,
fut remplacée par une horloge mue au moyen de l'électricité.
Elle fut fournie par Mr Michiels de Malines pour la somme de 10.000
francs. Elle fut mise en activité le 16 septembre.
Seule, des deux cloches de cette église, la grosse porte une
inscription qui est ainsi conçue : « Je m'appelle
Marie, fondue en 1670.- Je fus refondue en 1835, Mr l.j.c. Baquet étant
curé de Jodoigne- Andreius. Lucovicus Van Aerschot-Vandengheym
me fondit. Louvain anno 1835 - J'eus pour Parrain Monsieur A.S. Bouvier,
bourgmestre de Jodoigne- Pour Marraine, Anne Joséphine de Brabant épouse
de Mr A. Bouqueau, membre du conseil de fabrique. »
Il est à constater toutefois que cette inscription ne fait
pas mention de la refonte de 1757. En effet les archives communales
nous disent que le 1er juin de cette dernière année,
la grosse cloche de Notre Dame fut refondue sur la Grand'Place par
Mr Nicolas Chèvreson, maître fondeur de cloches à Mons.
Pour cette refonte, un long contrat fut passé entre la Ville
et Chèvreson; nous en extrayons les quelques clauses suivantes
:
« 1. La Ville fournira
les briques pour le fourneau et généralement tout ce
qui convient pour fondre la dite cloche.
2. La cloche devra être
fondue sur le marché de
cette ville.
3. Les membres du Magistrat devront être
présents à la
voir briser et mettre tous les matériaux dans le fourneau après
que tout aura été pesé en leur présence.
4. Laquelle cloche étant achevée sera sujette à visitation
par des maîtres experts pour juger si elle est d'accord avec
les autres; bonne et sans défaut; après quoi il lui sera
payé trente écus. 5. Le comparant sera obligé de
faire la dite cloche deux ans bonne; si elle venait à se casser
pendant ce temps, il sera obligé, à ses frais seuls de
la refondre, pourvu que cela ne provienne pas de la faute de ceux qui
l'auront sonnée. »
Pendant la tourmente du régime de la Terreur (du 31 mai 1793
au 2 juillet 1794), les cloches des églises furent enlevées;
quelques unes de Jodoigne subirent le sort commun. Mais lorsque celles
de la Chapelle furent descendues du clocher, la grosse "Marie" fut,
la nuit secrètement enlevée et enfouie dans les champs à la
bifurcation -aujourd'hui- des deux chemins qui conduisent de Jodoigne
(Greenbay) ) Molembais St-Josse. C'est depuis lors que ce champ porte
le nom de "Terre à l'cloque".
Deux cloches de St-Lambert -à cette époque il y en
avait trois- furent mises en sûreté dans l'ancien jardin
d'Isidore Noël (actuellement les deux premiers jardins du Piroi-vicinal);
la troisième cloche fut jetée dans le "Bî".
Les agents de la révolution
saisirent les petites cloches de la Chapelle et de St-Médard
ainsi que la cloche dite de St Martin de cette dernière église
- 13 brumaire an II (3 novembre 1793).-
Le 9 nivôse an XII (31
décembre 1803) le conseil municipal
fit replacer une petite cloche à la Chapelle. Cette cloche devait
particulièrement servir à sonner "La retraite", l'heure fixée par les
arrêtés municipaux et qui signifiaient aux cabaretiers la fermeture
de leur établissement.
Délaissée par ses paroissiens au profit de l'église décanale Saint-Médard, la Chapelle du Marché a subi les assaults du temps et de l'humidité.
Depuis plusieurs années, un projet de rénovation et de transformation en salle culturelle tout en conservant le caractère cultuel du lieu a été étudié avec attention. Les travaux débutent en octobre 2008. Vous pourrez lire les brochures relatives à ces travaux en cliquant sur les liens ci-après: brochure 1 - brochure 2
le Château
Pastur - l'Eglise
Saint-Médard - Le Château
de Jodoigne-Souveraine - la Chapelle
du Notre-Dame-du-Marché -
... (en
construction)
Remarque: ce chapitre sera abondamment développé et une structure
de menu très complète sera proposée au visiteur (revenez visiter régulièrement
ces pages)