Le château Pastur ou de la Comté...

Egalement appelé "Château de la Comté", ce château, auquel la Ville de Jodoigne doit son existence, se dressait sur une hauteur abrupte dominant le passage de la Gèthe.

 

On ne peut fixer, même approximativement l'époque de sa fondation. Son origine peut être préromaine ou romaine; elle peut au contraire ne dater que de la période des invasions normandes. L'existence du château toutefois n'est certaine qu'au XIIe siècle. Il apparaît alors sur le sceau du Duc Henri Ier.

Les Comtes de Duras.

Il y a grande apparence cependant que le château existait au siècle précédent. Au début du XIe siècle nous trouvons, en effet, le domaine de Jodoigne en la possession d'une dame Erlende qu'un acte postérieur (1179) qualifie même de Olim Comitissa Geldonensis (autrefois comtesse de Jodoigne). Mais le Comté sur lequel régnait Erlende est plus souvent appelé comté de Duras et comme Jodoigne était une possession allodiale, on peut supposer, avec l'historien Vanderkindere, qu'Erlende était l'héritière de Jodoigne et qu'elle transmit cette seigneurie à son mari qui lui fut comte de Duras. Vanderkindere va même plus loin et émet l'hypothèse qu'Erlende serait la fille S'Alpaïde, Comtesse d'Hougaerde ou de Brunengeruz, qui d'après une vieille inscription aurait donné Jodoigne à l'église St-Paul de Liège. Quoi qu'il en soit, le fait que Jodoigne constituait dès lors une seigneurie importante, permet de croire à l'existence du château dès le début du XIe siècle, époque à laquelle nous le trouvons aux mains des comtes de Duras. Le château, comme ses environs, appartint près de deux siècles à ceux-ci . cliquez pour agrandir la photo et cliquez sur la croix pour fermer la nouvelle fenêtre
En 1183, territoire et château furent conquis par Henri Ier, duc de Brabant. Il est impossible de dire quelles modifications, les successeurs d'Henri Ier (ducs de Brabant et de Bourgogne, rois d'Espagne) ont apportées à l'architecture primitive du vieux manoir; cette architecture nous étant du reste inconnue complètement. Aucune trace ne subsiste de l'ancien château fort; il fut entièrement brûlé en 1578 par les troupes des Etats- Généraux en lutte contre Don Juan d'Espagne et il ne fut pas reconstruit : on se borna à en réparer les ruines tant bien que mal afin de fournir une habitation au receveur du domaine qui, avant l'incendie, avait sa résidence dans le château. Au XVIIe siècle, la triste situation financière du gouvernement des Pays-Bas espagnols, obligea celui-ci pour se créer des ressources à donner en engagement à des particuliers et moyennant finances, avec une grande partie du domaine royal. C'est ainsi qu'en 1658, le domaine de Jodoigne et la demeure du receveur, c'est-à-dire l'ancien château furent engagés pour la somme de 160.000 livres à Philippe, duc d'Aerschot et d'Arenberg. Celui-ci le vendit en 1664, au Comte Winand de Glimes.
Les descendants de Winand de Glimes le cédèrent à leur tour en 1696, à la duchesse d'Aerschot, Marie-Madeleine de Borja. L'héritier de celle-ci (1700) don Louis de Borja en laissa, en mourant, l'usufruit à sa veuve la princesse d'Esquilacha (1718). En 1729, les héritiers de don Louis de Borja vendirent le domaine de Jodoigne à Jean-Jos. Vecquemans baron de la Vère, au profit du gendre de celui-ci Jean-Englebert de Romrée, seigneur de Bonheyden.
Englebert de Romrée, l'année suivante, releva le titre de comte qui avait été accordé autrefois à son père et ce titre fut depuis appliqué à la terre de Jodoigne.

cliquez pour agrandir la photo et cliquez sur la croix pour fermer la nouvelle fenêtreC'est en 1730, que le nouveau comte fit construire le château actuel. Après l'invasion française, le château fut possédé par le vicomte de Bavay qui le détenait par héritage de la famille de Romrée.

En 1833, le 13 avril, lorsque les Soeurs de la Providence arrivèrent à Jodoigne, elles s'installèrent dans le château qui leur avait été loué pour y établir une école et un pensionnat. Les soeurs quittèrent le château vers la fin de 1834 et c'est probablement en cette année que Mr Philippe Joseph Pastur, notaire, l'acheta à la famille de Bavay. Le mur d'enceinte, depuis la rue du Château sous l'entrée du XVIIIe siècle jusqu'à l'ancien rempart qui s'élève le long de la Gadale, ne fut construit que de 1866 à 1872.

Les bâtiments ont fortement soufferts du fait de l'occupation par les armées allemandes de 1940 à 1945 d'abord, par des sinistrés qui y habitèrent, ensuite.

Le château fut racheté en 1960 par la Congrégation des soeurs de l'Union du Sacré-Coeur de Hoegaarden pour y installer un pensionnat.

Abandonné par l'école des filles qu'il renfermait, le Château Pastur fut mis en vente. La ville de Jodoigne l'acquit pour le restaurer et y installer dès le 22 mai 1988 les services administratifs, et la transformer en hôtel de ville en 1994.